Aujourd’hui sort le tome 4 d’Air Force Vietnam.  Rencontre avec le scénariste dont c’est la série phare, le bihorellais Wallace.

 

Couv Air force Vietnam

Vos trois dernières séries ont en commun de conter les combats aériens de différentes guerres. D’où vient cette récurrence ?

C’est un peu le hasard ! J’ai écrit ma première série mettant en scène des avions, Le vol des anges pour parler des débuts de l’aviation, à l’aube de la Première Guerre mondiale. Une aventure humaine et technique passionnante, paru chez Zéphyr, un éditeur spécialisé dans les bandes dessinées « aéronautiques ». Peu de temps après, ce dernier m’a proposé de travailler sur les Forces Aériennes Françaises Libres pendant la Seconde Guerre mondiale. (F.A.F.L., dessiné par Agosto, ndlr). Puis j’ai proposé un projet personnel, Air Force Vietnam, dessiné par Cash. Mais même si j’ai encore beaucoup de choses à faire avec cet éditeur, je ne suis pas pour autant un passionné d’avions ! Ce qui m’intéresse, ce sont les histoires que je peux raconter autour de cette thématique.

Quelle est la part de réalité historique dans vos séries ?

Le contexte historique est évidemment réel, mais aussi la plupart des personnages principaux. Les pilotes qui entourent le héros de F.A.F.L, par exemple, ont tous existé ; les trois-quarts des missions aériennes de mes albums ont été décrites par les historiens. Et je prends soin également de faire en sorte que tout ce qui est fictif soit plausible. Les dessinateurs également se doivent d’être au plus proche de la réalité. C’est indispensable quand on construit des séries historiques, car il y a toujours des lecteurs passionnés et tatillons qui ne vous loupent pas si vous dessinez un boulon de travers !

Qu’est-ce qui vous anime quand vous vous emparez d’événements historiques et que vous les transcrivez en BD ?

Le devoir de mémoire principalement. Cela me touche beaucoup. Dans cette logique, j’essaye toujours de développer des pans peu connus de l’Histoire. Dans Le vol des anges, c’est l’aviation britannique pendant la Première Guerre mondiale, qui était au moins aussi forte que l’Allemande ou la Française, et qui pourtant est moins célèbre, alors qu’elle est à l’origine de la Royal Air Force. Dans F.A.F.L, c’est l’armée française de Vichy en Afrique du Nord, cette présence collaborationniste dans l’Algérie française, et ces 3 héros de guerre qui ont déserté le même jour en allant se réfugier à Gibraltar avant de rejoindre l’Angleterre. Dans Air Force Vietnam, c’est le manque criant de préparation de l’armée américaine, entrainant 85% de morts de maladie, de piqures mortelles, de suicides et d’attentats, contre 15% de morts au combat…

vda4cover v2Dans quelle mesure vos séries chez Zéphyr sont-elles lues par d’autres lecteurs que les fanatiques d’avions ?

C’est très étrange. Air Force Vietnam attire semble-t-il les puristes, les fondus d’histoire et d’aéronautique. On le voit dans les séances de dédicaces auxquelles nous participons dans les salons spécialisés.  Pour F.A.F.L, c’est tout l’inverse. Ce sont majoritairement les lecteurs de BD que ça intéresse. C’est probablement parce que l’histoire y est peut-être plus importante que le contexte.

Quels sont vos projets ?

Nous venons de signer avec la ville de Dieppe pour un one-shot sur l’Opération Jubilée, ce raid des Canadiens sur la côte dieppoise en août 42, coédité par l’ANBD et L’Association Jubilee (album à paraître en juillet 2014, et à commander en souscription à jpsurest@aol.com pour la somme de 12€, ndlr). En plus de la sortie du tome 3 de Air Force Vietnam qui sort aujourd’hui, Zéphyr m’a proposé de participer à un album concept original autour du destin d’un pilote allemand et d’un pilote américain au cœur de la Seconde Guerre mondiale.

Comment conciliez-vous votre activité de professeur dans un lycée technique et votre activité de scénariste de BD ?

Je m’organise ! J’écris pendant les vacances, le week-end.  Alors que certains passent leur temps libre à bricoler, faire du jardinage, aller sur Internet ou au cinéma, moi, j’écris des scénarios. Mon éditeur m’a proposé de développer plus de séries, mais démissionner de l’éducation nationale serait trop risqué, trop incertain…

  •  Air Force Vietnam, de Wallace et Cash, Zéphir, 80 pages (avec un important cahier documentaire), 21€

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