/

Connaitre ses origines pour en être fier

Noburo découvre l’histoire de sa famille avec son grand-père qui a quitté le Japon pour le Brésil dans les années 1920 / Photo : Gebekah Films

La réalisatrice brésilienne Célia Catunda adapte Nihon Jin — traduire par Personne japonaise —  du Japonais Oscar Nakasato. Le roman devient un film d’animation, au cinéma mercredi 16 septembre, au titre qui laisse rêveur : Ma Famille de samouraïs. A voir à partir de 8 ans.

L’immigration, sujet sensible en cette période de campagne présidentielle, ne date pas d’hier et ne concerne pas seulement les populations du sud migrant vers l’Europe ; c’est toujours bon de le rappeler. D’où l’intérêt de Ma Famille de samouraïs, adaptation du roman Nihon Jin du Japonais Oscar Nakasato qui rappelle que, entre 1908 et 1941, quelque 250 000 Japonais ont immigré pour, dans la plupart des cas, travailler dans les plantations de café dans l’État de São Paulo au Brésil. De nos jours, leurs descendants représentent entre 1,5 et 2 millions de personnes.

La réalisatrice brésilienne Célia Catunda nous invite donc à découvrir le parcours d’une famille japonaise installée au Brésil dans les années 1920. Ses dessins, fluides et très colorés, mêlant arts japonais et sud-américain, nous emmènent d’ailleurs à cette époque dans un port nippon où l’on voit une foule assistant au départ d’un paquebot. À son bord, Hideo et sa jeune épouse rêvent d’une vie meilleure dans la région de São Paulo. Mais pas question de présenter les étapes de leur vie de façon linéaire. C’est pour les besoins d’un exposé de son petit-fils, Noboru, qu’Hideo, devenu grand-père, racontera son histoire. 

Les différences culturelles, une richesse

Nous nous retrouvons donc très vite dans les années 1980 à São Paulo avec Noboru et ses copains. D’emblée, Célia Catunda nous fait comprendre que ses origines japonaises, moquées par quelques-uns, embarrassent le gamin au point de préférer les gommer. Aller en parler avec son grand-père devient une véritable corvée d’autant que le dit grand-père, si fier de sa culture, n’éprouve aucun plaisir à évoquer son déracinement et raviver les plaies causées par l’exil. 

Célia Catunda filme avec délicatesse les différences culturelles et générationnelles que connaissent toutes les familles de migrants, avant de faire une place au rapprochement tendre entre le vieil homme et l’enfant. Elle trouve le ton juste pour témoigner du travail harassant et de la vie difficile des migrants exploités par les propriétaires terriens. Le spectateur découvre alors en Hideo, un homme de caractère qui reste toujours ferme sur ses positions — peut-être un peu trop —, les espoirs évoqués au cours de la traversée, les désillusions face à la réalité… Et puis la famille qui s’agrandit. Noboru se découvre un oncle dont personne ne veut parler, un oncle rebelle qui symbolise la plupart des conflits entre la première et la deuxième génération d’émigrés. 

Au bout de ce voyage culturel, Noboru, le petit Brésilien, exposera avec une certaine fierté ses origines japonaises devant ses copains de classe, attentifs et curieux de mieux connaître sa Famille de samouraïs. Une belle initiative qui devrait être reprise dans les écoles du monde entier.

Partager l'article