Emmanuel Noblet lit « Article 353 du Code pénal » de Tanguy Viel

photo : DR

Il est question de l’intime conviction dans Article 353 du Code pénal, un roman de Tanguy Viel. Le comédien et metteur en scène Emmanuel Noblet lit des extraits de ce drame lundi 27 mai à la Maison des avocats à Rouen, un rendez-vous d’En Quête de justice proposé par le CDN de Normandie-Rouen.

Emmanuel Noblet a entamé une nouvelle adaptation d’un roman. Il y a bien évidemment une impatience à découvrir cette création tant son travail sensible sur Réparer Les Vivants de Maylis de Kerangal reste inoubliable. « Ce livre était pour moi. Je devais le jouer ». Le comédien a d’ailleurs le reçu le Molière pour ce seul en scène. Avec Article 353 du Code pénal de Tanguy Viel, le comédien a ressenti une « nécessité de le mettre en scène parce que ce rôle n’est pas pour moi ».

Article 353 du Code pénal raconte l’histoire de Martial Kermeur, l’assassin d’Antoine Lazenec, un promoteur immobilier suffisant et flambeur. Le voilà, seul, face au juge d’instruction. Il revient sur les faits, tente d’expliquer son acte tout en remontant le fil de sa vie ponctuée de licenciement, de divorce et autres catastrophes personnelles. Dans le huis clos d’un bureau, il va parler à un juge.

Une intime conviction

Comme pour Réparer Les Vivants, Emmanuel Noblet a découvert « une écriture sublime et dense. Tanguy Viel est un grand auteur contemporain. Kermeur, un homme sensible et pudique, est un taiseux alors que le livre est très écrit. Cela traduit une certaine épaisseur d’âme chez lui. Il y a à la fois un sentiment de justice et un besoin de considération en raison du mépris et de l’arrogance. Nous en savons tous croisé des personnes comme Kermeur. Quand on les écoute, elles sont bouleversantes. Moi qui ai grandi à la campagne dans le pays de Bray, j’ai été très touché ».

La lecture du roman a soulevé d’autres interrogations. Avant le théâtre, Emmanuel Noblet a suivi des études de Droit. Tanguy Viel questionne là l’intime conviction, le sens de la justice rendue par les hommes et des femmes. « La littérature propose une lecture. Que va faire le juge ? Il va prendre une liberté. Il se met à la place du justiciable. Comme beaucoup, Kermeur s’est fait arnaquer. Il s’est fait justice lui-même. Le juge va le laisser parler et l’écouter. C’est important de considérer les gens ».

Avant la création la saison prochaine, Emmanuel Noblet lit des extraits de l’Article 353 du Code pénal de Tanguy Viel lundi 27 mai à Rouen dans le cadre d’En Quête de justice. Il a choisi de confier le rôle de Kermeur à Vincent Garanger.

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