La compagnie PJPP joue la « Dernière »

C’est la Dernière de la série sur le vide. Après Les Galets au Tilleul sont plus petits qu’au Havre, la compagnie PJPP de Claire Laureau et Nicolas Chaigneau raconte l’échec avec un humour qui leur est si singulier.

Avec Claire Laureau et Nicolas Chaigneau, les petits riens du quotidien deviennent poétiques. « Nous avons un vrai goût pour le minuscule ». Les danseurs et chorégraphes de la compagnie PJPP réussissent à mettre en lumière avec un humour corrosif toute leur absurdité. Un exercice dans lequel le duo excelle, comme dans Les Déclinaisons de Navarre et Les Galets au Tilleul sont plus petits qu’au Havre (ce qui rend la baignade bien plus agréable), le premier volet d’une série sur le vide. Cet intérêt pour la vacuité n’est pas arrivé par hasard mais juste après la tournée avec le premier spectacle de PJPP. « Nous sortions d’une période intense et avions besoin de rien, d’un temps étiré ».

Claire Laureau et Nicolas Chaigneau, en fins observateurs, scrutent les travers, les situations comiques, les regards, les postures… « Nous partons de notre entourage, de nous-mêmes, de nos personnalités avec nos défauts. Nous sommes très spectateurs l’un de l’autre. Nous pouvons nous observer sans nous ennuyer. Nos tics, nos névroses nous agacent autant qu’ils nous amusent. Nous ne voulons jamais être dans la caricature mais plutôt dans une forme d’honnêteté et sur une fragilité ». 

Après la bêtise, Claire Laureau et Nicolas Chaigneau se penchent sur l’échec dans Dernière. Leur objectif : « rendre captivant un spectacle qui ne réussit jamais à l’être ». Ils se souviennent avoir vu « des danseurs sublimes dans des chorégraphies incroyables mais s’ennuyer. Il y a quand même quelque chose d’absurde d’être assis face à des personnes qui déploient une énergie folle ». 

Dans ce spectacle où se mêlent les codes de la danse et du théâtre, le duo multiplie les tentatives et les échecs pour donner de l’épaisseur à un scénario a priori peu intéressant. Pour cela, ils ne manquent pas d’idées et de ressources. Ici, Claire Laureau et Nicolas Chaigneau sont aussi d’une précision redoutable sur une partition de Bach ou embarquent dans un délire communicatif sur un tube de Mylène Farmer

L’humour surgit non seulement des situations mais également de leur jeu. Pas un mot n’est prononcé. Tous les dialogues et autres bruits ont été enregistrés. Claire Laureau et Nicolas Chaigneau évoluent sur une bande son et campent deux personnages très drôles et attachants.

Infos pratiques

  • Jusqu’au 24 juillet à 19h15 au 11, salle 1, à Avignon (relâche les 11, 18 juillet)
  • Durée : 1h10
  • Tout public à partir de 10 ans
Partager l'article