Dans Ce que j’appelle oubli, Laurent Mauvignier revient sur un dramatique fait divers survenu dans l’arrière-boutique d’un supermarché en 2009 à Lyon. Christophe Lafargue de Garniouze Inc. s’est emparé de ce texte fort pour le porter dans l’espace public. Il le fera entendre samedi 28 et dimanche 29 juin à Sotteville-lès-Rouen pendant le festival Viva Cité et mardi 22 juillet à Falaise lors des Faltaisies.
À la première lecture de Ce que j’appelle oubli, Christophe Lafargue a été « saisi » autant par le fond que par la forme. Le fond, c’est une réaction à un fait divers. À Lyon, en décembre 2009, un homme entre dans un supermarché, prend une canette de bière, l’ouvre et la boit. Il est aussitôt emmené dans l’arrière-boutique et frappé avec une extrême violence par quatre vigiles. Il n’a pas survécu aux coups. L’auteur, Laurent Mauvignier, imagine la réaction du frère de la victime et livre une parole intime bouleversante.
Christophe Lafargue de Garniouze Inc. porte un attachement aux personnes à la marge. « Peut-être parce que j’y ai été. La marge m’a toujours attiré. Cela renvoie à plusieurs questions. Celles sur la surconsommation, l’inflation, sur la société qui humilie et qui met les personnes à la marge. Il y a une dimension politique, économique, sociétale, sociale. Pourquoi des vigiles ont mis leur vie en l’air ? Pourquoi des pauvres tapent sur des pauvres ? Tout cela m’interroge », confie le comédien et metteur en scène. Ce que j’appelle oubli, présenté les 27 et 28 juin à Sotteville-lès-Rouen lors du festival Viva Cité et le 22 juillet à Falaise lors des Faltaisies, arrive après Les Soliloques du pauvre de Rictus et Je m’appelle d’Enzo Corman.
« C’est comme un tour du monde »
Quant à la forme de Ce que j’appelle oubli, elle est singulière puisque ce monologue est juste une seule phrase de 60 pages. « C’est une prouesse littéraire. Pas de majuscule, pas de point. Dès que l’on entre dans ce livre, on est pris dedans, on ne peut pas le lâcher. Il y a un avant et un après ». Christophe Lafargue joue ce texte en un seul souffle. « C’est comme un tour du monde à la voile sans escale. C’est très aventureux et aventurier. Mais très excitant ». Le texte de Laurent Mauvignier demande un certain engagement physique. « C‘est très dense. Il y a néanmoins quelques petits endroits pour respirer ».
Avec Judith Thiébaut, Christophe Lafargue donne à ce spectacle une forme d’hommage à un homme, partagé avec le public. Il est au milieu d’un amas de canettes qui pourrait être une sépulture. Se mêlent alors des souvenirs de moments joyeux et doux, le récit d’une lente descente vers la marginalité, la douleur et la colère face à une injustice. Lors du procès, le juge rappellera : « un homme ne doit pas mourir pour si peu ».
Infos pratiques
- Samedi 28 et dimanche 29 juin à 15h45 à l’espace Marcel-Lods à Sotteville-lès-Rouen
- Mardi 22 juillet à 20h30 rue du Marché couvert à Falaise
- Durée : 1h30
- À partir de 10 ans
- Spectacle gratuit
