Les élèves d’Adrienne Jouclard racontent en dessin leur vie quotidienne et leur peur à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale. Issues d’un fonds, inscrit au registre Mémoire du monde de l’UNESCO, une trentaine d’œuvres sont exposées jusqu’au 29 septembre au Munaé, musée national de l’Éducation à Rouen.
Les dessins ont la force de témoignages. Celle-ci est d’autant plus grande lorsqu’ils sont réalisés par des élèves de 14 à 16 ans à Paris pendant les premières années de la Seconde Guerre mondiale. Ces adolescentes évoquent la mobilisation avec l’affichage dans les rues, le départ en train des soldats à la gare de l’Est. Elles racontent aussi l’exode. Pour certains, c’est dans une voiture bien chargée. Les autres sont dans des charrettes. Sur les routes, tous patientent dans les embouteillages. La guerre, c’est surtout les alertes, les bombardements et la course pour descendre dans les abris. Sur ces dessins-là, les couleurs de la vie disparaissent, le noir et le gris dominent.
Présentées jusqu’au 29 septembre au Munaé, musée national de l’Éducation à Rouen, lors de cette exposition, Dessins d’enfants (1936-1941), toutes ces œuvres sont issues du fonds Jouclard. Adrienne Jouclard (1882-1972), artiste peintre, a été l’enseignante de ces adolescentes parisiennes, alors élèves de cours complémentaires dispensés pour le certificat d’études primaires et pendant une formation professionnelle dans les domaines de la mode et de la couture. Durant ces heures, elle ne leur a pas imposé la reproduction d’objets, comme il est inscrit dans le programme, mais leur a laissé carte blanche.
297 dessins
Les jeunes filles de la classe d’Adrienne Jouclard parlent de leur quotidien. Avant le conflit mondial, elles se rappellent des jeux dans la cour de récréation et les comptines. Lors de la guerre, il y a les peurs, une nostalgie d’un temps passé plus heureux, les restrictions, les difficultés pour s’habiller, les longues files d’attente devant les boutiques d’alimentation. Toutes ont une pensée pour leur mère qui déploie tant d’énergie pour nourrir la famille.
L’enseignante a gardé précieusement 297 dessins qu’elle confie en 1957 à l’institut pédagogique national qui deviendra plus tard le Munaé. En avril 2025, cette collection est inscrite au registre Mémoire du monde de l’UNESCO, comme le Journal d’Anne Frank.







Infos pratiques
- Jusqu’au 29 septembre, Les lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 13h30 à 18h15, les samedi, dimanche et jours fériés de 10 heures à 12h30 et de 13h30 à 18h15, au Munaé, musée national de l’Éducation, à Rouen
- Entrée gratuite
- Renseignements au 02 35 07 66 61 ou en ligne
- Aller au musée en transport en commun avec le réseau Astuce
