Beethoven a composé dix Sonates pour violon et piano. Il faut bien trois éditions du festival des Musicales de Normandie pour toutes les interpréter. Stéphanie-Marie Degand et Daniel Isoir se sont lancé ce défi. Ils commencent avec trois d’entres elles mercredi 27 août au Carré Saint-Cyr au Vaudreuil.
Dans ses Sonates pour violon et piano, Beethoven (1770-1827) a écrit « un véritable dialogue entre les deux instruments dans une même esthétique. C’est très intéressant. Le pianoforte et le violon, chacun avec leur esthétique sonore, se marient très bien. Plus le violon vibre, plus le son du piano est lisse. C’est assez troublant ». Daniel Isoir, au pianoforte, sera accompagné par Stéphanie-Marie Degand, au violon, pour l’interprétation de l’intégrale de ces sonates, composées entre 1796 et 1803 pour neuf d’entre elles, et en 1812 pour la dernière, des années durant lesquelles Beethoven sent le début de la surdité.
Ces musiques évoquent une multitude de sentiments, allant de la joie au désespoir, avec diverses intensités dramatiques. « Elles sont toutes complètement différentes, constate Daniel Isoir. Beethoven ne se répète pas. Pas une sonate ne ressemble à une autre et pas un mouvement ne ressemble à un autre. Les premières ont été écrites alors qu’il n’a pas encore 30 ans. Elles sont quasi mozartiennes. À partir de la quatrième, l’écriture s’avère plus affirmée. Dans la dernière, d’une grande poésie, Beethoven revient à une musique plus intimiste ».
200 pages de partition
Le pianiste et la violoniste joueront les sonates durant trois éditions successives des Musicales de Normandie. Pour le piano, ce sont 200 pages de partition ! Les deux musiciens n’ont pas souhaité les présenter dans un ordre chronologique. « Nous avons préféré un programme où les sonates s’enchainent parfaitement », précise Daniel Isoir. Premier rendez-vous avec les Sonates de Beethoven mercredi 27 août au Carré Saint-Cyr au Vaudreuil pour entendre les n°6, n°8 et n°9, dite à Kreutzer.
La Sonate n°6 se fait rare. Beethoven varie les textures musicales. « Il écrit un de ses plus beaux mouvements lents. C’est mon préféré », confie le pianiste. La Sonate n°8 est davantage volubile. Quant à la 9e, très concertante, elle est un monument. La Sonate à Kreutzer est certainement la plus connue avec des motifs très riches.
Outre les concerts, Stéphanie-Marie Degand et Daniel Isoir enregistreront durant l’année 2026 les dix sonates de Beethoven sur des instruments d’époque. Pour le pianiste, ce sera sur trois instruments différents. « À cette époque-là, le piano évolue très vite. Il est important de s’approcher au maximum de la sonorité de chaque période ». L’intégrale de ces pièces pour violon et piano sortira ensuite sur trois albums.
Infos pratiques
- Mercredi 27 août à 20h30 au Carré Saint-Cyr au Vaudreuil
- Tarifs : de 18 à 14 €
- Réservation au 07 61 24 70 41 ou en ligne
