Dilemme autour du bien-être d’un enfant

photo : Maxence Dedry

Après s’être intéressée à la détresse en milieu scolaire dans Un monde, la réalisatrice belge Laura Wandel nous entraîne dans un service hospitalier où L’Intérêt d’Adam, un film dans les salles de cinéma mercredi 17 septembre, pose question.

« Au départ, je me sens souvent attirée par un lieu, nous confie Laura Wandel juste avant l’avant-première rouennaise de son deuxième long-métrage, L’Intérêt d’Adam. Comme pour mon précédent film Un Monde où j’avais longuement observé la vie dans une école, j’ai fait une immersion pendant trois semaines dans l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles. La cheffe de service m’a permis de me faire passer pour une stagiaire auprès des patients moyennant une clause de confidentialité, évidemment. Je ne pouvais ni filmer, ni enregistrer, ni prendre de photos mais je pouvais prendre des notes. Ça m’a énormément nourrie. » 

Et le résultat est bluffant. Pendant les soixante-dix-huit minutes que dure L’Interêt d’Adam, le spectateur est plongé dans un service pédiatrique et la tension ne redescend jamais. Et pour cause, au fonctionnement spécifique du service, Laura Wandel ajoute un dilemme humain autour d’un enfant malade, Adam (Jules Delsart), sa mère Rebecca (Anamaria Vartolomei), accusée de maltraitance, et une infirmière, Lucy (Léa Drucker) qui va tout faire pour les aider, quitte à aller contre sa hiérarchie et la justice. Soupçons de maltraitance obligent, celle-ci a limité les temps de visite de la mère aux heures de repas de l’enfant. 

S’identifier

Finalement l’aspect social prend énormément de place au cœur même du dispositif hospitalier. « Je me suis rendu compte à quel point le rapport avec le parent pouvait être déterminant dans la guérison de l’enfant, précise Laura Wandel, et c’est quelque chose qui m’a fort touchée. » Ce point de vue n’a pas échappé à Lucy qui n’est plus seulement infirmière exécutant les gestes d’une soignante, elle est aussi une mère qui prend en charge un enfant, une femme qui vient en aide à une autre. Chacun revendique ses décisions dans L’Intérêt d’Adam, et le spectateur est amené à se demander ce qu’il aurait fait à la place des uns et des autres.

L’intérêt d’Adam vaut le détour pour son scénario, son contexte, son intensité mais aussi pour le duo de comédiennes impeccables. « Je voulais une infirmière qui a de la bouteille, et Léa Drucker, c’est une des plus grandes actrices de ces derniers temps. Elle a une très grande prestance, quelque chose de l’ordre du secret, une forme d’autorité. J’ai écrit le rôle pour elle et elle l’a accepté très vite. Quant à la mère, je voulais qu’on puisse ressentir sa vulnérabilité. J’ai rapidement pensé à Anamaria Vartolomei que j’avais vue dans L’Évènement, dans Maria, je trouve qu’elle a quelque chose de très rude et en même temps de fragile. Et je trouvais intéressant que ce soit une jeune mère. La jeunesse me semble complètement perdue de nos jours,»

Le temps du film, le spectateur pourra s’identifier à l’une ou l’autre des femmes qui entourent Adam de leur attention : « Pour moi, l’idéal, c’est qu’on ne sache jamais qui a tort et qui a raison… », conclut Laura Wandel. Alors, c’est à vous de voir.

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