Spot, un festival de couleurs

Cette année 2026, marquée par le centenaire de la mort de Claude Monet, Spot, événement d’art contemporain du Département de l’Eure, se déroule à Vernon et Giverny où exposent dans des sites patrimoniaux cinq artistes, Olivia de Bona, Flora Moscovici, Makiko Furuichi, Lucie Reverdiau et William Amor jusqu’au 5 décembre.

À chacune et chacun de dessiner son parcours dans Spot tant les univers des cinq artistes retenus pour ce rendez-vos d’art contemporain du Département de l’Eure sont différents. Il y a certes un point commun : un travail sur la couleur et sur les matières, surtout un clin d’œil à Claude Monet, le peintre installé à Giverny et maître de l’impressionnisme, disparu il y a tout juste cent ans. 

Giverny, justement, pourrait être le point de départ de ce Spot 2026, qui se déroule jusqu’au 5 décembre, avec Olivia de Bona. L’artiste fleurit le jardin de l’ancien hôtel Baudy. Elle y a installé des camélias, des roses trémières, des œillets, des tulipes pour composer des tableaux où se mêlent le naturel et l’artificiel. Les fleurs d’Olivia de Bona, tel des vitraux, sont réalisées avec de l’acrylique transparent et des adhésifs colorés, entouré de bois. Les couleurs varient selon la lumière du jour et viennent se refléter sur le sol.

Des fleurs, il y en a par milliers dans l’église Sainte-Radegonde à Giverny. William Amor y expose quatre œuvres pour symboliser les quatre saisons. Pour le printemps, La Nef aux arches fleuries, l’artiste suspend des guirlandes de roses à la charpente de l’édifice. Pas d’hommage à Monet sans une référence au célèbre bassin aux nymphéas. C’est l’été avec Le Bassin, cette mosaïque faite de morceaux de plastique coloré, semblable à des pierres précieuses. L’automne devient La Coupole au lustre végétal, une suspension de pétales aux couleurs ocres. L’hiver rappelle la mort de Claude Monet et devient une Cérémonie dans les jardins d’eau autour du corbillard, conservé dans l’église, qui se retrouve sur un plan d’eau et recouvert de fleurs d’hortensias et d’une pensée.

William Amor travaille avec des matières recyclées et refuse cette notion de déchets. « Dans la nature, tout est ressource. »  Alors des fragments de bouteilles en plastiques sont transformés en éclats de verre colorés et des sacs, en d’énormes fleurs roses. « Il a fallu du temps à Claude Monet pour composer son jardin. Il a fallu six ans pour penser et réaliser ce jardin. Tout cela prend alors sens parce que nous faisons partie du vivant. Et nous devons le respecter. »

À Vernon, dans la collégiale Notre-Dame, Lucie Reverdiau présente L’Envolée, un gigantesque bouquet de 115 fleurs, accroché à l’entrée de l’édifice, juste sous l’orgue, qui vient en écho à la rosace de la façade et à un vitrail. La plasticienne a travaillé une matière végétale, du tissu d’écorce de ficus teinté.

« Monet a toujours été présent. Au Japon, on adore les impressionnistes. À l’université des Beaux-Arts, j’ai beaucoup regardé leurs catalogues et j’étais très enthousiaste. » Makiko Furuichi n’a pas hésité à rendre hommage au peintre lors de cette édition 2026 de Spot. Elle a réalisé une grande fresque sur la piste cyclable, à côté du château des Tourelles. Sur cette longue bande de fleurs multicolores se cachent quelques animaux et des yōkai. « On peut marcher sur cette peinture comme on plonge dans un tableau et ou dans un jardin. » Plus loin, au jardin des arts, face à la tour des archives, à Vernon, Makiko Furuichi a installé cette lune gonflable de 9 mètres de diamètre avec des personnages de la mythologie japonaise.

Il faut aller voir la Maison Pierre Bonnard transformée par Flora Moscovici. L’artiste peint toujours in situ. Là, elle est bien évidemment partie des couleurs des tableaux du maître du lieu. « Lors du travail de préparation, je suis venue à vélo de Mantes-La-Jolie jusqu’à cette maison pour m’imprégner des couleurs et des ambiances ressenties il y a un siècle. » Parce que la couleur, vive, intense et généreuse, est le matériau dans son travail. Dans cette maison, Flora Moscovici a effectué deux gestes : l’un au pistolet, l’autre au pinceau avec des matières plus ou moins pigmentées. À chaque pièce, son camaïeu et son univers. L’artiste réveille une mémoire, une trace, une matérialité. C’est une véritable promenade dans des paysages qu’elle offre dans cette maison.

Infos pratiques

  • Jusqu’au 5 décembre à Giverny et à Vernon
  • Ancien hôtel Baudy à Giverny : ouvert du mardi au samedi de 11h30 à 15h30 et de 18h30 à 21 heures et le dimanche 11h30 à 17 heures (fermeture à partir du 1er novembre)
  • Église Sainte-Radegonde à Giverny : ouverte tous les jours de 9 heures à 18 heures, sauf pendant les offices
  • Château des tourelles à Vernon : en accès libre
  • Jardin des arts à Vernon : ouvert tous les jours de 8h30 à 18 heures
  • Collégiale Notre-Dame à Vernon : ouverte tous les jours de 8h30 à 19 heures sauf pendant les offices
  • Maison Pierre Bonnard à Giverny : réservation en ligne
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