Camille Claudel a subi la censure et le patriarcat. Après Du Rêve que fut ma vie, écrit à partir de la correspondance de la sculptrice, Les Anges au plafond déroulent le fil de l’histoire dramatique d’une femme libre. Quatre comédiennes, musicienne et chanteuse racontent Les Mains de Camille ou le temps de l’oubli du 26 novembre au 6 décembre à l’espace Marc-Sangnier à Mont-Saint-Aignan avec le CDN de Normandie-Rouen.
Pourquoi, c’est le premier et le dernier mot du spectacle. Camille Trouvé et Brice Berthoud, qui partagent la direction du CDN de Normandie-Rouen, portent une admiration pour Camille Claudel (1864-1943) et s’interrogent sur le destin brisé de cette sculptrice de génie. Ils ont dévoilé sa correspondance dans Du Rêve que fut ma vie. Ils racontent la vie de l’artiste dans Les Mains de Camille ou le temps de l’oubli du 26 novembre au 6 décembre à l’espace Marc-Sangnier à Mont-Saint-Aignan.
« Des deux spectacles, c’est le plus politique », remarque Camille Trouvé. Camille Claudel a été confrontée à la violence patriarcale de son époque. Pourtant son père l’a encouragée dans sa démarche artistique, tout comme son frère, Paul, écrivain. « Il a souhaité un enseignement de qualité pour ses enfants, rappelle Camille Trouvé. C’est pour cette raison que la famille déménage à Paris. Mais, après sa mort, la mère qui ne veut par déroger à l’ordre établi et transgresser les codes de la société bourgeoise laisse éclater sa colère » et signe l’autorisation d’interner sa fille.
De la colère à la résignation
Le monde patriarcal n’hésite pas à censurer, à reconnaître des talents mais seulement celui des hommes. « La puissance de création de Camille Claudel ne pouvait pas venir d’une femme. Cette artiste devait être sous l’influence d’un maître. Toute sa vie a été une tentative de libération. Camille Claudel voulait être reconnue pour son travail. Sa colère est venue de la réponse de la société : l’enfermement. Elle était dans la transgression et représentait un danger », commente Camille Trouvé.
Les Mains de Camille ou le temps de l’oubli, écrit et mis en scène par Brice Berthoud, revient sur une enfance libre, la complicité avec un frère, la rencontre et la rupture avec Auguste Rodin, la création et l’enfermement pendant trente ans à l’hôpital de Montdevergues où « elle est passée par plusieurs étapes : l’incompréhension, la colère, la supplication, le deuil de soi, la résignation et le calme », indique la comédienne.
Pour cette traversée dans une vie tragique et bouleversante, le public est invité dans l’atelier de Camille Claudel, dans un théâtre de l’intime. Les Anges au plafond ont inversé le rapport entre l’animé et l’inanimé. Dans un décor de papier, Camille Trouvé joue le rôle d’une sculpture tout en manipulant les marionnettes de papier de Camille Claudel et de son entourage. « Je suis la sculptée et la sculptrice. C’est une vraie gymnastique ». Elle est entourée de la comédienne Marie Girardin, de la chanteuse Martina Rodriguez et de la violoncelliste Awena Burgess.
Infos pratiques
- Mercredi 26 novembre à 19 heures, jeudi 27 et vendredi 28 novembre à 20 heures, samedi 29 novembre à 18 heures, mercredi 3 décembre à 19 heures, jeudi 4 et vendredi 5 décembre à 20 heures, samedi 6 décembre à 18 heures à l’espace Marc-Sangnier à Mont-Saint-Aignan
- Durée : 1h35
- À partir de 13 ans
- Tarifs : de 15 à 1 €
- Réservation au 02 35 70 22 82 ou en ligne
- Aller au spectacle en transport en commun avec le réseau Astuce
