Osama Albaba et Samar Harboun sont les témoins d’un quotidien qui n’existe plus. Les deux photographes palestiniens racontent Gaza et la Cisjordanie à travers une série de d’images aussi belles que bouleversantes réunies dans cette exposition présentée jusqu’au 4 décembre au centre André-Malraux à Rouen pendant le festival Entr(e)Voir.
Dans la famille d’Osama Albaba, transmettre une information est une vocation. Le jeune homme de 28 ans a marché dans les pas de son père. Il est devenu, comme lui, photo-journaliste. Son frère travaille dans une radio. Né à Gaza City, Osama Albaba était parti le 7 octobre 2023. Depuis, il est réfugié en région parisienne. « Je me sens comme un homme dans un tout petit bateau perdu en pleine mer ». Osama Albaba avait emporté une série de photos prises dans sa ville et les alentours.
Une trentaine d’images sont exposées jusqu’au 4 décembre au centre André-Malraux à Rouen pendant le festival Entr(e)Voir. « J’aime raconter l’histoire des gens » aussi dramatique soit-elle. « C’est très difficile de travailler. Nous courons sans cesse un danger physique. À cela s’ajoutent les troubles émotionnels parce que nous nous inquiétons pour la famille et les amis ».

Osama Albaba tient la place de témoin. « Les choses se déroulent trop vite. Il y a toujours une guerre à Gaza. Nous en sommes à la septième. Alors il est difficile de se souvenir ». Les photos d’Osama Albaba racontent des lieux aujourd’hui détruits, des scènes de vie quotidienne qui appartiennent à un passé. Il y a un groupe d’acrobates à la tombée de la nuit, des cueillettes de fruits, une mère devant une école, des musiciens, des parties de pêche… Osama Albaba donne aussi à voir les ravages de la guerre avec les enfants perdus au milieu des ruines, la distribution de repas, la solitude. « Je veux montrer la vérité, les atrocités ».
Dans cette exposition, les photos d’Osama Albaba entrent en dialogue avec celles de Samar Harboun. La photographe a également immortalisé des paysages disparus de Cisjordanie. Là, la nature était dense, colorée, accueillante et généreuse. Toutes ces images touchent profondément et s’ancrent dans la mémoire.










Infos pratiques
- Jusqu’au 4 décembre au centre André-Malraux à Rouen
- Entrée gratuite
- Aller voir l’exposition en transport en commun avec le réseau Astuce
