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Un trio féminin face à l’adversité

Photo : Romain Charrier

Potomitan est le deuxième spectacle de Jade Lada. La danseuse et chorégraphe de la compagnie Skanda rend là un hommage à sa grand-mère et va puiser dans ses racines guadeloupéennes. Elle a composé un trio d’interprètes qui se retrouve vendredi 28 et samedi 29 novembre au Phare au Havre pendant le festival Plein Phare In.

De sa grand-mère, d’origine guadeloupéenne et indienne, Jade Lada garde l’image d’une « femme forte qui ne montrait jamais ses faiblesses. Elle avançait contre vents et marées. Elle était une femme puissante, solide qui a eu sept enfants et n’a jamais ménagé son corps. Elle montrait aussi beaucoup d’amour par des gestes et par le fait de nous rassembler ». En Guadeloupe, la personne qui tient le rôle du pilier central d’une famille s’appelle la potomitan.

« Je me suis reconnue dans son portrait ». Jade Lada a hérité de cette force. Une héroïne, aussi invincible soit-elle, a également des failles. « Il n’est pas possible d’être seulement dans une puissance ». Cette puissance, la danseuse et chorégraphe l’a cherchée au plus profond d’elle tout au long de son parcours. « Le milieu de la danse demande cela. Il faut toujours montrer le meilleur de soi-même, avoir des capacités physiques extraordinaires et pouvoir déconstruire sa physicalité ».

Pour sa deuxième création, Potomitan, présentée pendant le festival Plein Phare In au Phare au Havre, Jade Lada a travaillé sur divers états de corps à partir d’improvisations. Celui qui avance, qui est trop rigide, qui est confronté à un obstacle, qui trébuche mais ne tombe jamais parce qu’il peut se reposer sur l’autre. Sur scène, trois corps, ceux de Chloé Moynet, de Jade Lada et de Laura Morin, symbolisent une puissance, un élan et une solidarité.

À la création sonore électro-acoustique de Jenny Galvao et Rodrigue Dubois, Jade Lada a ajouté des paroles de femmes sénégalaises, également potomitans, enregistrées lors d’entretiens menés lors d’une tournée et d’une résidence à Saint-Louis. Celles-ci témoignent, font le récit d’une vie sans occulter leurs fragilités.

Infos pratiques

  • Vendredi 28 et samedi 29 novembre à 20 heures au Phare au Havre
  • Durée : 45 minutes
  • Tarifs : 10 €, 6 €
  • Réservation au 02 35 23 00 ou en ligne
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