Du théâtre avec des écritures ancrées dans le réel et avec des textes classiques et deux festivals composent cette nouvelle programmation de la Comédie de Caen qui sera présentée vendredi 11 septembre au théâtre d’Hérouville. C’est une saison 2026-2027 qui commence après quelques inquiétudes.
« Nous abordons la rentrée avec enthousiasme. » Les annonces de l’été n’ont pas entamé l’élan d’Aurore Fattier. En plein festival d’Avignon, le ministère de la Culture a annoncé un surgel de 13 % des dotations allouées pour l’année 2026 à 28 structures dont la Comédie de Caen. Une décision sur laquelle est revenue la ministre Catherine Pégard quelques jours plus tard. « Nous nous sommes bien démenés. Toutes les structures se sont impliquées et nous avons eu aussi le soutien de beaucoup d’élus. Aujourd’hui, nous avons toujours une fameuse épée de Damoclès sur la tête », remarque la directrice du CDN de Normandie-Caen.
L’inquiétude demeure. D’autant plus que l’État a déjà prévu une baisse d’au moins 5 % des subventions de fonctionnement pour l’année prochaine. « C’est paradoxal. Les salles n’ont jamais été aussi pleines. Nous connaissons les difficultés budgétaires de l’État et nous savons prendre nos responsabilités. Cependant, l’enveloppe allouée à la culture représente moins de 1 % du budget total. D’ailleurs, nous militons pour ce 1 % avec cette pétition. »
Dans un tel contexte, Aurore Fattier a renoncé à la création de Nana, une adaptation du roman de Zola. « Je vais échelonner mon travail sur les deux années à venir. Il faut partager l’outil. » Autres conséquences : une diminution du nombre de coproductions et de spectacles lors de cette saison 2026-2027, présentée vendredi 11 septembre au théâtre d’Hérouville. « La part artistique est toujours la variable d’ajustement, regrette la metteuse en scène. Pourtant, nous sommes un des derniers bastions de la création et avons une mission de sauvetage des artistes. »
Une trentaine de rendez-vous
Dans cette nouvelle programmation, avec de belles promesses théâtrales, beaucoup de spectacles sont ancrés dans une réalité. Il est question de dérapages dans À L’Ombre du réverbère de Redwane Rajel et dans Virage de la compagnie Stadios, d’exil dans Valentina de Caroline Guiela Nguyen, d’amitié dans Le Scarabée et l’océan du Birgit Ensemble et dans Oui ? du Collectif YAUD, de soif de pouvoir dans Le Conseil des méchants d’Alyssa Tzavaras, d’écologie dans Dimanche des Compagnies Focus et Chaliwaté et dans Rêver sous l’urgence climatique de Sarah Calcine, de la famille dans Affaires familiales d’Émilie Rousset, de combats dans Radio Live d’Aurélie Charon, de mémoire dans Risque de chute d’Elsa Delmas.
Le tg STAN, compagnie pleine d’audace (en photo), joue une série de pièces de Molière. Un véritable marathon pour suivre L’Avare, Le Mariage forcé, Le Malade imaginaire et d’autres pièces dans 1, 2, 3 Poquelin. Koen de Sutter partage son intérêt et sa curiosité pour les écrits de Montaigne. Proust est présent dans la création de Frenhofer, Longtemps, je me suis couché de bonne heure, première phrase du premier chapitre du livre À La Recherche du temps perdu. Une page historique s’ouvre avec Guillaume & Harold, une pièce de Gaëlle Bourges inspirée de la Tapisserie de Bayeux, et avec Marie Stuart, mise en scène par Chloé Dabert.
Deux festivals vont ponctuer cette saison 2026-2027. Le premier : Recommencer ? pour « faire rencontrer des artistes, des penseurs, des praticiens sur le sujet de l’écologie vivante », rappelle Aurore Fattier qui laisse carte blanche de Estelle Zhong Mengual, artiste associée. La Comédie de Caen accueille pour la première fois le festival Vis-à-vis qui se déplace dans le milieu carcéral. Les détenus présenteront également au théâtre des Cordes leur travail effectué avec les artistes Julie Lerat-Gersant et Raoul Fernandez.
Infos pratiques
- Vendredi 11 septembre à partir de 18 heures au théâtre d’Hérouville
- Entrée gratuite
- Réservation au 02 31 46 27 29 ou en ligne
