Vaslav passe du cabaret au théâtre

Photo : Cécile Dessailly

Sur scène, Olivier Normand devient Vaslav, une figure androgyne qui embrasse les codes du cabaret. Il interprète un répertoire éclectique, aborde la question du travestissement et joue avec le public. Vaslav est à voir mardi 16 décembre à la chapelle Corneille à Rouen avec L’Étincelle.

Créer un personnage, « c’est une gestation lente ». Olivier Normand l’a éprouvé. Chanteur, danseur et comédien, il a imaginé le personnage de Vaslav pour le cabaret parisien de Madame Arthur. « Les talons, la perruque, le corset… On m’a dit : il faut aller à fond dans le féminin. Au début, je n’étais pas très à l’aise. En fait, il est important de prendre le temps d’affiner l’endroit de son désir, trouver l’image fantasmée et une altérité idéale. Alors la perruque, je n’aime pas tant que cela. Les talons, oui parce que cela allonge une silhouette et met dans un rapport de vacillement. Et le corset, il peut devenir contraignant lorsque l’on chante ».

Plusieurs années ont donc été nécessaires pour modeler Vaslav, une figure androgyne, longiligne, habillée d’une robe de velours noir et d’un béret de marin, perchée sur des talons de 12 centimètres et admirative des chanteurs et chanteuses comme Barbara, Brigitte Fontaine, Serge Gainsbourg, Kurt Cobain, Caetano Veloso…

Être dans un présent

Vaslav, né pour le cabaret, a dû s’adapter à la scène du théâtre. « Cela a été tout l’enjeu du spectacle, remarque Olivier Normand. Les codes sont particuliers. Tout comme les modes d’adresse. Au théâtre, il y a cette barrière conventionnelle que l’on nomme quatrième mur. Je n’ai pas voulu transformer le personnage mais plutôt piétiner ce quatrième mur pour être en communication directe avec le public, dans un rapport de connivence et créer un présent commun ».

Alors Vaslav, en concert mardi 16 décembre à Rouen, vient accueillir le public, chante avec sa shruti box, raconte des anecdotes. Il évoque l’histoire du cabaret, le travestissement, le masque, l’artifice… « Ce sont des endroits de liberté, de jubilation, de liesse collective. C’est ce qui me plaît au cabaret, ce lieu où on voit des gens dans l’exercice de leur liberté. C’est un endroit de réinvention, de la métamorphose. Une personne prend le risque d’inventer quelque chose d’elle-même ».

Olivier Normand le fait avec humour mais aussi beaucoup de délicatesse. Il emmène Vaslav dans diverses époques, dans plusieurs styles et dans une multitude d’imaginaires.

Infos pratiques

  • Mardi 16 décembre à 20 heures à la chapelle Corneille à Rouen
  • Durée : 1h15
  • Tarifs : 10 €, 3 €
  • Réservation au 02 35 98 45 05 ou en ligne
  • Aller au spectacle en transport en commun avec le réseau Astuce
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