Six récits photographiques de métamorphose

Metamorphosis mêle des récits racontés en images par six artistes européens qui évoquent l’intime, la vie microscopique, l’infiniment grand. L’exposition est présentée jusqu’au 9 mai au centre photographique à Rouen.

Des quatorze jeunes artistes accompagnés par Futures, le centre photographique Rouen Normandie, représentant français de la plateforme européenne, en a sélectionnés six. C’est autant de réflexions, de propos et d’histoires partagés jusqu’au 9 mai lors de cette nouvelle exposition, Metamorphosis. La métamorphose, sujet de nombreux ouvrages depuis des siècles, est bien évidemment le thème abordé dans ces six récits photographiques sur la nature, le cosmos, la famille.

Avec Constantin Schlachter, la photographie est proche de l’aquarelle. L’artiste français possède une manière de travailler très singulière. Pas d’appareil photo mais une plaque de verre sur laquelle il cultive des micro-organismes et qu’il place ensuite en chambre noire devant un agrandisseur. Le résultat est des plus étonnants. L’infiniment petit devient un infiniment grand. Les bactéries se transforment en objets cosmiques.

Pour Emilia Martin, la métamorphose correspond à sa méthode de travail. La photographe polonaise s’inspire de mythes, de contes et de croyances païennes. Elle imagine des mises en scène, où elle apparaît parfois, pour créer des images d’archives. Le minéral tient une place très importante. Emilia Martin offre aux pierres, telles des météorites, une histoire et un pouvoir.

Le hasard est une composante du travail de Zoe Hamill, photographe nord-irlandaise. Elle n’hésite pas à réutiliser des films, à laisser ses négatifs sur le sol, à tester divers produits. Ses images suscitent des interrogations. Ses paysages se retrouvent à la frontière du réel et de l’imaginaire. Pour Metamorphosis, elle s’est intéressée aux terrils de schiste de West Lothian, non loin d’Edimbourg, qui sont aujourd’hui des collines couvertes d’espèces végétales.

Yana Wernicke, originaire d’Allemagne, se questionne sur la relation entre les humains et les autres espèces vivantes de la planète et sur la tradition pour les hommes de s’habiller de feuillages pendant le carnaval. Elle présente des étapes de fabrication de ces costumes faits de paille ou de fougères dans lesquels l’homme disparaît complètement et se transforme en personnage.

La famille est le sujet de Balázs Turós. L’artiste hongrois porte son attention sur deux âges de la vie, la petite enfance et la vieillesse. Il a photographié son fils et sa grand-mère, deux personnes aussi vulnérables l’une que l’autre mais pour des raisons différentes. Les images de Balázs Turós racontent avec une grande finesse la marche du temps qui ne peut être linéaire.

Vitalii Halanzha, photographe ukrainien, raconte la guerre. Il veut en être un témoin. Pas de scènes trash. Vitalii Halanzha les suggère en montrant les traces laissées sur des scènes de destruction. Ce sont des débris de missiles, des mines, des morceaux de drones qui jonchent les sols de la région de Kyiv et sur la ligne de front. Toutes les images sont installées sur une structure en bois en forme d’arbre. Au sommet, est accrochée l’image d’un ciel très sombre percé par la lueur de lune ou d’un drone.

Infos pratiques

  • Jusqu’au 9 mai, du mardi au samedi de 14 heures à 19 heures, au centre photographique à Rouen
  • Visite commentée samedi 7 mars à 16 heures (en langue des signes), jeudi 19 mars à 19 heures, samedi 11 avril à 16 heures et mardi 28 avril à 12h30
  • Entrée gratuite
  • Renseignements au 02 35 89 36 96 ou en ligne
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