Bina Baitel joue avec les matières et la lumière

Le design s’expose pour la première fois au centre d’art contemporain de La Matmut à Saint-Pierre-de-Varengeville. Bina Baitel présente jusqu’au 7 juin les pièces emblématiques de vingt années de création.

Pull Over ressemble à une méduse géante. Et celle-ci, il est possible de la toucher. Le geste fait varier l’intensité de la lumière. Pull Over est une lampe. C’est une des toutes premières pièces de Bina Baitel qui utilise une technologie particulière permettant de produire une luminosité douce et uniforme. Fur-light a besoin de caresses pour s’allumer. Et pour s’éteindre. Cette autre lampe est un grand cercle de fourrure de raton laveur et de multiples lampes.

Bina Baitel ne peut dissocier design et expérience sensorielle. Un objet doit être certes fonctionnel mais aussi susciter une réflexion ou un mouvement. « Tout part d’une idée. Je suis sans cesse à la recherche d’une idée et d’une innovation. Je veux apporter quelque chose de nouveau. Parfois, le sujet est la matière. À d’autres moments, la matière est le sujet. Ensuite, je me concentre sur les couleurs, les formes ». La designeuse apporte également un grand soin aux détails et joue avec des trompe-l’œil.

Au centre d’art contemporain de La Matmut à Saint-Pierre-de-Varengeville, Bina Baitel a installé diverses pièces créées ces vingt dernières années. Il y a tout d’abord ces ottomans en forme de zigzag, ces canapés semblables à des gros galets. Elle a fait d’un matelas un objet de luxe, comme une pierre précieuse sertie sur un métal doré. Les lampes sont aussi des miroirs ou des flaques.

À voir aussi Confluencia Aubusson, une nappe de tapisserie coulant de deux guéridons. Pour cette pièce, Bina Baitel s’est inspirée du savoir-faire des tapissiers du XVIIIe siècle. L’œuvre qui est traditionnellement accrochée au mur se retrouve au sol et devient un lac cerné d’une zone boisée. Présomption est une table basse qui apparaît au premier regard en marbre. L’artiste joue à nouveau avec les matières. Elle a assemblé plusieurs essences de bois en reproduisant les éclats de la pierre.

Dans cette exposition, Bina Baitel dévoile le futur Monument des champions et championnes, un appel à projets lancé dans le cadre des Jeux olympiques et paralympiques de Paris en 2024. Pour cette pièce qui sera installée près de la cathédrale, elle s’est souvenue des grilles du pont Saint-Louis avec ses multiples cadenas, symboles de l’amour. Sur une structure, pas de cadenas mais les médailles des athlètes qui ont participé à ces JO.

Infos pratiques

  • Jusqu’au 7 juin, du mercredi au vendredi de 13 heures à 19 heures, les samedi et dimanche de 10 heures à 19 heurs, au centre d’art contemporain de La Matmut à Saint-Pierre-de-Varengeville
  • Entrée gratuite
  • Renseignements au 02 35 05 61 73 ou en ligne
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