À partir de témoignages d’adolescents sur leur rapport au corps, Arthur Perole a écrit Tendre Carcasse, une pièce chorégraphique pour quatre interprètes qui sera présentée les 9 et 10 mars au théâtre des Bains-Douches au Havre avec Le Volcan pendant le festival Déviations et jeudi 12 mars au théâtre Legendre à Évreux avec Le Tangram.
Dans ses créations, Arthur Perole s’interroge sur l’impact d’une société sur les corps et l’influence des pensées et des intimités de chacune et chacun sur un groupe. Le chorégraphe, fondateur de la Compagnie F, a passé deux ans avec des collégiens. « Je les regardais bouger. Je voyais leur corps bouger et se transformer. Ces enfants devenaient des adolescents. Je voyais aussi le regard des uns bouleverser le jugement des autres. » Arthur Perole a aussi beaucoup échangé avec ces filles et ces garçons. « Tout le monde a quelque chose à dire sur son rapport au corps. Pour cette tranche d’âge, le regard des autres est très important. »
Sur ce sujet, il y autant de réponses que d’adolescents qui luttent avec leurs complexes et les injonctions de la société. Arthur Perole s’est emparé de tous ces sentiments, les plus anodins comme les plus traumatisants, et de ceux des quatre interprètes, Arthur Bateau, Matthis Laine Silas, Elisabeth Merle et Agathe Saurel. Présenté les 9 et 10 mars au théâtre des Bains-Douches au Havre et le 12 mars au théâtre Legendre à Évreux, Tendre Carcasse est à la frontière de la fiction et du documentaire.
Dans cette pièce chorégraphique, les mots tiennent une large place alors que les corps peuvent être silencieux. Mais pas tant que cela. « Lorsque l’on parle, on fait toujours de petits gestes. Certains parlent même avec les mains. Tout cela raconte et trahit », rappelle Arthur Perole. Tendre Carcasse commence par un ballet fait de petits mouvements sur une musique disco qui va envahir les corps. Les corps, contraints par des normes ou bloqués par de quelconques angoisses, vont lâcher prise. « Pour en arriver là, il doit se passer quelque chose dans les têtes. Le dancefloor a un pouvoir. Celui d’énergiser les corps. » Bouger devient un besoin pour se libérer et faire la fête.
