Le festival À L’Est a 20 ans

photo : Cinéma Futura

S’il a longtemps exploré la production cinématographique d’Europe centrale et orientale, le festival À L’Est porte aussi son regard vers l’ouest et sur la création d’Amérique du Sud. 14 films sont à découvrir jusqu’au 15 mars à Mont-Saint-Aignan et à Rouen.

L’édition en 2006 devait être juste un one shot. « On observait un élargissement à l’Est. J’avais une soif de montrer des films qui souffraient d’un déficit de visibilité à cette époque-là. Aujourd’hui, ils sont relativement bien distribués. Je voulais partager une cinématographie que j’avais découverte. » David Duponchel était encore étudiant à la FAMU à Prague et proposait une sélection de films lors du festival À L’Est, du nouveau à Rouen pour donner à « voir d’autres cultures. C’est toujours au cœur de la mission du festival. Comme présenter des œuvres différentes et un langage cinématographique fort. »

Le festival faisait découvrir la nouvelle vague tchèque avec le cinéma d’animation de Trnka. Au fil des éditions, il a suivi le développement d’une véritable industrie non seulement à Prague mais aussi à Budapest et à Bucarest. Le directeur de l’événement s’est aussi intéressé à un autre cinéma peu diffusé. Celui de l’Amérique latine. À L’Est a 20 ans et est devenu multiculturel. 

De la République tchèque à la Colombie

L’édition 2026 commence mercredi 11 mars avec la projection du film de Georgi M. Unkovski, Le Garçon qui faisait danser les collines (en photo). Ahmet, 15 ans, doit s’occuper de son petit frère et garder les moutons de son père dans les montagnes de la Macédoine. Il a un rêve : faire de la musique. Le festival se terminera dimanche 15 mars avec La Couleuvre noire, un film d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux sur le retour d’un fils auprès de sa mère dans le désert colombien de la Tatacoa.

Huit longs métrages sont en compétition pour découvrir la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie et le Paraguay, l’Argentine, la Colombie. Il est question de rapport à la nature, de bouleversement intérieur, de la vie pendant la guerre en Ukraine, de meurtre pour occuper une terre, du combat d’une poule, de la dictature, d’un don miraculeux.

Pour fêter cet anniversaire, David Duponchel propose la projection d’anciens films. Comme Just The Wind de Bence Fliegauf sur l’assassinat de familles roms. Il a choisi Les Diamants de la nuit, un drame de Jan Němec sorti en 1964. Focus également sur Václav Havel (1936-2011), dramaturge, metteur en scène, réalisateur et président tchécoslovaque et tchèque. « Je l’ai connu lorsque j’étais à Prague, se souvient David Duponchel. C’était un homme génial qui avait une grande capacité de résistance et défendait la non-violence. Grâce à lui, le retour à la démocratie s’est faite sans beaucoup de heurts. Il a su gérer une révolution de velours. » Outre des lectures de ses pièces, un documentaire de Miroslav Janek et Pavel Koutecký sur le rôle de l’ancien dissident devenu homme d’État, le festival projette Sur Le Départ, un film tiré de la pièce de théâtre de Václav Havel qui mêle Le Roi Lear de Shakespeare et La Cerisaie de Tchekhov.

Infos pratiques

  • Mercredi 11 mars à 19h30 à l’Ariel à Mont-Saint-Aignan : Le Garçon qui faisait danser les collines de Georgi M. Unkovski
  • Jeudi 12 mars à 17 heures à l’auditorium du musée des Beaux-Arts : Sur Le Départ de Václav Havel
  • Du 13 au 15 mars à l’Omnia à Rouen : les films en compétition
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