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« Une Histoire autrichienne » et d’embrigadement

photo : Alban Van Wassenhove

Arno Wögerbauer, un des Maladroits, est seul sur scène pour raconter Une Histoire autrichienne. Dans ce spectacle fait d’allumettes et de papiers, il revient sur une période passée d’un membre de sa famille. C’est à voir vendredi 13 mars au Passage à Fécamp lors du festival Déviations et du 27 au 30 avril au Vox à Cherbourg avec Le Trident.

Lorsqu’il découvre le passé de son grand-oncle, Lukas ressent le besoin de remonter le cours de l’histoire. Leopold, adolescent dans les années 1930 en Autriche, a rejoint les jeunesses hitlériennes et s’est enrôlé dans la Wehrmacht avant de devenir socialiste. C’est le choc pour le jeune homme qui avait jusqu’alors une autre image de cet homme. Il n’a pas oublié les descentes à ski dans la montagne, les bons repas, les matches de foot… C’est le récit d’Une Histoire autrichienne, la nouvelle création des Maladroits, jouée vendredi 13 mars au Passage à Fécamp et du 27 au 30 avril au Vox à Cherbourg.

Ce choc, Arno Wögerbauer l’a ressenti aussi lorsqu’il a découvert la vie de son grand-oncle, le frère de sa grand-mère — son père autrichien, venu étudier en France, a hérité de la maison de son oncle, située au nord de Linz. « Il avait gardé beaucoup de choses, dont des archives de la période nazie. Il y avait des cahiers d’écolier, des manuels d’apprentissage, un code de la route à vélo… Des documents avec des croix gammées. Ce n’était pas vraiment une surprise en soi. L’Autriche a été annexée en 1938 et je savais que mon grand-père et mon grand-oncle avaient fait partie des jeunesses hitlériennes. Ils avaient 14 ans en 1938. Mais il y avait aussi un album, comme les albums Panini, avec des vignettes d’Hitler, de Goebbels, des tanks allemands, et il était complet. Nous avons trouvé des revues de propagande avec une réécriture de l’histoire de l’Autriche, un cours sur les races. À des questions, les réponses suivaient l’idéologie du national-socialisme ».

Une fiction

Le choc est là. « C’est une période de l’Histoire que j’ai apprise à l’école. Mais là, il se passe autre chose lorsque l’on est lié à cette Histoire. C’est comme si elle s’étalait sur la table de la cuisine. Il y a eu de l’effroi, du dégoût puis une fascination pour toutes ces archives. » Des archives qu’Arno Wögerbauer a confiées à l’autrice Marion Solange-Malenfant. Une nécessité pour prendre du recul sur les faits. « On peut dire qu’il a été un nazi. Mais quelles sont les preuves ? »

Arno Wögerbauer a eu besoin de comprendre un tel parcours. Il était important pour le comédien et metteur en scène de la compagnie Les Maladroits de faire un détour par la fiction « pour être plus libre. » Dans ce premier solo, il est Lukas, un jeune homme qui rejoue des moments de l’Histoire, des fragments de la vie de Leopold tout en puisant dans ses souvenirs d’enfance.

Avec Une Histoire autrichienne, Les Maladroits ont inventé un théâtre d’allumettes et de papiers. Des allumettes et leurs boîtes pour construire le décor de la vallée dans la montagne et des papiers pour représenter tous les documents d’archives. En jouant Lukas, Arno Wögerbauer s’interroge là sur l’embrigadement, le choix des engagements et la possibilité de se libérer d’une doctrine pour s’émanciper.

Infos pratiques

  • Vendredi 13 mars à 20h30 au Passage à Fécamp. Tarifs : 10 €, 8 €. Réservation au 02 35 29 22 81 ou en ligne
  • lundi 27, mardi 28, mercredi 29 et jeudi 30 avril à 20h30 au Vox à Cherbourg. Tarifs : de 23 à 10 €. Réservation en ligne
  • Durée : 1h15
  • À partir de 15 ans
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