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Mahamat Fofana, ingénieur, puis acro-danseur

Photo : Gief Kan

Mahamat, c’est son prénom et le titre de son premier spectacle, écrit et mis en scène avec Clément Dazin de la compagnie La Main de l’homme. Mahamat Fofana se raconte dans un solo présenté du 12 au 17 mars à Tessy-Bocage, Les Pieux, Saint-Lô, Duclair et Canteleu pendant le festival Spring.

Des doutes, il en a eus bien évidemment. Décider de prendre un virage à 180° pour laisser une carrière d’ingénieur et devenir un artiste de cirque n’est simple. Mahamat Fofana a fait ce pas de géant. Pas simple parce qu’il s’est beaucoup investi — sa mère aussi — pour obtenir son diplôme à l’école des Mines. Pas simple non plus quand il a fallu convaincre ses « Drôles de dames », sa mère, sa tante et sa sœur, comme il les appelle. Mahamat Fofana s’était aussi lancé un défi à la fin de son premier contrat. « J’étais au siège social de l’entreprise. Je rendais mon ordinateur de fonction. Ma boss me demande : c’est quoi tes plans pour les six prochains mois ? J’ai lancé cette phrase : je vais faire du cirque. Là, tout le monde s’est retourné et je lisais dans leurs yeux : mais qu’est-ce qu’il raconte ? À partir de ce moment, je ne pouvais plus faire machine arrière. »

Soutenu par ses deux frères et porté par une force intérieure, Mahamat Fofana s’entraine pendant une année, se forme à la danse et au théâtre avant d’entrer à l’Académie Fratellini. Pour cet artiste, né en Côte d’Ivoire, le cirque n’est pas un caprice. « Je me souviens, enfant, que je faisais souvent des roues et des pirouettes. Quand je suis arrivé en France, à l’âge de 9 ans, je voulais faire de la gym et de la capoeira. Ma mère m’a dit : tu vas faire du foot. Alors j’ai joué au foot. En terminale, une troupe est venue au lycée pour faire des démonstrations de capoeira. J’ai été fasciné. Contrairement aux autres arts martiaux qui sont très sérieux, la capoeira est plus fun et plus proche de la danse. Pour moi, c’était envoûtant. »

« Une bonne connexion »

À l’Académie Fratellini, Mahamat Fofana se forme pour être acro-danseur. Il est repéré par Clément Dazin qui lui propose une version longue de son projet artistique de fin d’étude. « Je n’avais pas prévu cela, d’être auteur et metteur en scène d’un solo. » Entre le jeune circassien et le fondateur de la compagnie La Main de l’homme, il y a eu « une bonne connexion ». 

Ensemble, ils multiplient les laboratoires de recherche avant de créer Mahamat, un spectacle mariant cirque, danse et texte, interprété pendant le festival Spring. « J’ai repris mon prénom parce que beaucoup l’écorchent. Je raconte aussi diverses périodes de ma vie avec la découverte d’une passion, les injonctions sociales… » Mahamat Fofana, interprète pour d’autres compagnies, le confie : ce parcours artistique l’a transformé. « J’ai changé physiquement. Ma vision du monde a changé. Je ne regarde plus les choses de la même manière. Je sais m’inspirer de ce qui nous entoure, comme le mouvement dansé d’une feuille qui se détache d’un arbre. » Mahamat est un spectacle libératoire. « J’ai acquis de l’expérience. Je me suis rendu compte que l’on pouvait faire ce que l’on voulait dans un espace. » Mahamat Fofana partage ainsi une expérience extraordinaire et une réflexion sur une quête de soi.

Infos pratiques

  • Jeudi 12 mars à 20h30 au théâtre des Halles à Tessy-Bocage. Tarifs : de 10 à 5 €. Réservation au 02 33 56 30 42
  • Vendredi 13 mars à 20h30 au Podium aux Pieux. Tarifs : de 10 à 5 €. Réservation au 02 33 03 10 30
  • Samedi 14 mars à 19 heures au théâtre Roger-Ferdinand à Saint-Lô. Tarifs : de 18 à 12 €. Réservation au 02 33 57 11 49 ou en ligne
  • Dimanche 15 mars à 16h30 au théâtre à Duclair. Représentation gratuite. Réservation en ligne
  • Mardi 17 mars à 19h30 à l’espace culturel François-Mitterrand à Canteleu. Représentation gratuite. Réservation au 02 35 36 95 80 ou en ligne
  • Durée : 50 minutes
  • À partir de 10 ans
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