Le festival de théâtre étudiant porté par l’Université de Caen Normandie et le Crous Normandie fête ses 30 ans du lundi 23 mars au 2 avril à Caen avec la présentation de cinq spectacles. Plusieurs artistes, bien connus aujourd’hui, ont fait leurs premiers pas aux Fous de la rampe et ils s’en souviennent.
Pour quelques anciennes et anciens de l’Université de Caen, il y a eu un avant et un après Les Fous de la rampe. Le festival de théâtre étudiant a été un véritable tremplin. Et, pour les plus hésitants, il les a confortés dans leur souhait de faire du théâtre. Pour rappel : l’Université de Caen et le Crous en Normandie offrent à ses étudiantes et étudiants les conditions pour créer, répéter et présenter au public leur travail artistique d’une année pendant dix jours. L’année 2026 marque les 30 ans du festival qui a vu passer des artistes comme Thomas Jolly, parrain de cette édition, David Bobée, metteur en scène et directeur du Théâtre du Nord, Laurent Frattale, Frédéric Deslias…
Aussi Olivier Lopez. Pour le directeur de la Cité Théâtre à Caen, il y avait les cours en école d’ingénieur la journée et le théâtre le soir. « C’est à ce moment-là que j’ai fait le choix du jeu et de la mise en scène. J’étais dans un conflit et je me demandais ce qui était le plus important pour moi. Ma première sensation : le théâtre était un espace de liberté. » Aux Fous de la rampe, Olivier Lopez joue le rôle de Merlin l’enchanteur dans Petit Drame d’un chanteur. « Ce fut le début d’une aventure qui a dépassé le cadre du festival. »
Devenir comédienne n’avait pas traversé l’esprit de Fanny Catel. La comédienne, cofondatrice de la compagnie Hors d’œuvre, a trouvé là aussi « une grande liberté. La Maison de l’étudiant était devenue notre deuxième maison. On créait, on inventait. Les pièces jouées pendant le festival sont des cadeaux que l’on se fait entre étudiants. Il n’y avait pas de concurrence entre nous mais beaucoup de solidarité. À la fin, je me suis dit : il faut que ça continue. »
Pour Amélie Clément, fondatrice du Ballon vert, Les Fous de la rampe ont également été « une naissance. J’ai signé ma première mise en scène. Cela m’a donné envie de faire du théâtre. Ce qui se passait était essentiel pour nous. On pouvait raconter ce qui nous traversait. Il y avait un vrai rapport de confiance. Ce fut aussi un bel apprentissage parce que nous avions un retour critique de la part de professionnels et du public. Cela a été une première expérience réjouissante et très collective. »
« Foisonnant et festif »
Même enthousiasme de la part d’Élise Esnault, autrice et comédienne au sein de la compagnie Arrivedercho. « Nous avions des conditions professionnelles pour travailler — ce qui n’était pas commun — avec la mise à disposition du plateau. On se retrouvait le vendredi après-midi et le week-end. C’était magique et cela donnait à notre projet une autre envergure. »
Quant à Élodie Foubert de la compagnie Frappe Tête Théâtre , elle n’a pas oublié « ce festival foisonnant et festif avec énormément de propositions artistiques. Il y a une grande liberté de ton aux Fous de la rampe. Pour les étudiants en art du spectacle, c’est une belle occasion de mettre en pratique la théorie. Le festival nous a mis le pied à l’étrier. Notre spectacle, Water Closet, nous l’avons joué pendant une dizaine d’années. Ce sont de très beaux souvenirs. »
Les Fous de la rampe ont été fondateurs pour Alexandre Thoraval. À la tête de Little Boy avec Éva Swartvagher, il marque le festival étudiant comme « ce moment de transition entre une vie adolescente, où l’on se cherche, et une vie d’adulte où l’on se cherche encore, mais d’une autre manière. Quand je repense aux Fous, je ne peux m’empêcher de nous revoir nous, jeunes gens, avec une soif immodérée de faire un spectacle. C’est moins les moments de scène qui me reviennent en mémoire que l’année passée à préparer le spectacle. C’est cette perspective créatrice et cette fraicheur absolue qui me reviennent avec l’envie de fabriquer en toute innocence, sans autre objectif que le plaisir de la fabrication en point de repère. »
Cinq compagnies
Ce plaisir de la fabrication, cinq compagnies l’ont ressenti avant cette 30e édition des Fous de la rampe qui se déroule du 23 mars au 2 avril à Caen. Les étudiantes et étudiants abordent des sujets très politiques. La Nuit sera feu joue Cartographie d’une nuit sur la disparition des lieux. Avec Acheter sans négocier, ce sera Le Monde ou rien, une pièce pour prendre le temps. Il sera question de science dans Les Biais, ou comment ils ont massacré les dieux de Syncytium. Les Fous de bassan reviennent sur la marée noire provoquée par le naufrage de l’Amoco Cadiz en 1978 dans Portsall. Troglycérine l’annonce : ce sera Un Spectacle de gauchistes où comment l’art (ne) sauvera (pas) le monde des flammes de l’enfer capitaliste hétéropatriarcal. Mékécécé regarde vers un Horizon Rocade avec trois adolescents de retour dans leur village quinze ans après leur fuite. Pour clore le festival, la Compagnie de la dernière minute, lauréate 2025 des Fous de la rampe, rejoue Notre Vallée sur la place des êtres dans un environnement naturel.
Infos pratiques
- Du lundi 23 mars au jeudi 2 avril à l’amphithéâtre Daure et à la Maison de l’étudiant à Caen
- Programme complet
