Regards contemporains sur le paysage maritime

Il reste une semaine, jusqu’au 5 avril, pour découvrir l’exposition Ports en vue au MuMa – musée d’art moderne André-Malraux au Havre. Les 120 œuvres emmènent dans un paysage portuaire, en perpétuelle transformation, qui a séduit aussi les artistes contemporains. 

L’univers marin est un sujet récurrent dans le travail de Pierre et Gilles. Avec le photographe et le peintre, il devient un monde onirique. Comme dans cette œuvre, Dans Le Port du Havre (Frédéric Lenfant), datant de 1998. On reconnaît au loin les deux cheminées de la centrale électrique et les réservoirs de pétrole, un paysage qui a marqué Gilles, né à Saint-Adresse. Sous un ciel étoilé, un jeune homme, portant une marinière et le béret de la marine nationale, se retrouve dans une eau sombre au milieu de bouteilles en plastiques, de morceaux de bois et autres détritus. La nostalgie se lit dans son regard doux. Peut-être pense-t-il à un temps passé où la mer n’était pas si polluée ?

Dans Le Port du Havre (Frédéric Lenfant), en cours d’acquisition, termine l’exposition Ports en vue. C’est plus d’un siècle d’histoire qui est raconté jusqu’au 5 avril au MuMa – musée d’art moderne André-Malraux au Havre. À côté des œuvres de Dufy, Marquet, Friesz sont présentées des photographies et des peintures d’artistes contemporains qui offrent une lecture différente d’un lieu sans cesse en mutation.

Noémi Pujol a une grande fascination pour les bâtiments industriels, telles des silhouettes géantes, qui dessinent les paysages portuaires. Jacqueline Salmon représente l’invisible : le mouvement des marées, le souffle du vent, les allées et venues des nuages, avec leurs intensités. Olivier Mériel, qui travaille toujours à la chambre, veut, lui, faire surgir ce qui est pour immortaliser un présent.

Gabriele Basilico a effectué un travail documentaire sur les zones industrielles le long des côtes du nord-ouest de la France. Bernard Plossu est venu photographier la ville plusieurs fois et s’est s’attardé sur les ambiances portuaires. Jean-Christian Fleury préfère les atmosphères nocturnes très cinématographiques, presque irréelles, qui annoncent un drame. Tout comme Alain Ceccaroli qui s’imagine être « le maître de la ville » la nuit et porte un regard sur les constructions singulières. Quant à Sylvestre Meinzer, elle a capté également la nuit des instants en clair-obscur.

JR a eu une approche étonnante. Dans le cadre de sa série, Women Are Heroes, le photographe a demandé à des interprètes du ballet de l’Opéra de Paris de poser dans des conteneurs. Ballerina In Containers, On The Verge laisse apparaître une jeune danseuse en tutu assise sur une main musclée. Autre travail singulier : Hassan Massoudy colore avec des bleus, des jaunes, des rouges, des oranges vifs les paysages portuaires où le travail est très physique et les grues deviennent des girafes. Peindre le port du Havre ravive d’heureux souvenirs pour cet artiste venu en Normandie avec son professeur alors qu’il était étudiant à l’école des Beaux-Arts à Paris.

Infos pratiques

  • Jusqu’au 5 avril, du mardi au vendredi de 11 heures à 18 heures, les samedi et dimanche de 11 heures à 19 heures au MuMa – musée d’art moderne André-Malraux au Havre
  • Tarifs : 7 €, 5 €
  • Renseignements au 02 35 19 62 62 ou en ligne 
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