Les premières années de Monet à Giverny

Pour son exposition de printemps, présentée jusqu’au 5 juillet, le musée des impressionnismes propose de découvrir le travail de Claude Monet dès son arrivée à Giverny. Ce sont les années de découverte d’un paysage entre 1883 et 1890, Avant Les Nymphéas.

Juste sept années. À travers cette exposition, Avant Les Nymphéas, le musée des impressionnismes à Giverny s’intéresse à cette courte et riche période, entre 1883 et 1890, pendant laquelle Claude Monet (1840-1926) découvre le village de l’Eure et ne cesse de remettre en question son travail. Durant cette phase de recherche, le peintre, empreint de doutes, a multiplié les esquisses, déchiré des toiles et en a jetées d’autres dans la rivière, l’Epte. 

Monet s’installe à Giverny, un village de 277 habitants, le 29 avril 1883 et loue la maison, bien connue aujourd’hui, avant de l’acheter en novembre 1890. Il a 43 ans et traverse une période chaotique. Ses toiles se vendent mal et il manque d’argent. Le regard dans son Autoportrait coiffé d’un béret, datant de 1886, révèle en effet l’angoisse de l’artiste, habillé d’une blouse sombre.

« Après le décès de Camille (son épouse, le 5 septembre 1879, ndlr), il cherche un endroit calme, relate Cyrille Sciama, directeur du musée et co-commissaire de l’exposition. Il déménage à Poissy. Il y restera seulement 18 mois à cause des inondations. Il vit avec Alice Hoschedé qui n’a pas divorcé et a fait faillite. Elle a six enfants. Il en a deux. Elle a toujours vécu dans le luxe et lui comme un bourgeois. Il cherche aussi un endroit pour apporter une éducation aux enfants. C’est très important pour lui. Selon la légende, Monet serait descendu du train à Giverny après avoir été séduit par le paysage qu’il découvrait par la fenêtre. »

Une période charnière

À Giverny où il passera les 43 autres années de sa vie, Claude Monet trouve une stabilité affective avec Alice Hoschedé qu’il épouse en 1892, après le décès de son mari, et surtout de nouveaux sujets à peindre. « Son arrivée est une période charnière. Il trouve d’autres inspirations, change sa technique de peinture. Il crée un jardin à son image puis l’agrandit. Il fait des travaux dans la maison », rappelle Marie Delbarre, assistante de recherche au musée des impressionnismes et co-commissaire. Dans une lettre à Camille Pissarro, le peintre écrit : « je suis très content d’être ici, pays superbe ». Et il va enfin connaître le succès.

C’est donc un Monet peu connu qui est présenté jusqu’au 5 juillet à l’occasion du centenaire de la disparition de l’artiste — il meurt le 5 décembre 1926. Marie Delbarre et Cyrille Sciama ont imaginé cette exposition comme une promenade dans la campagne à travers une trentaine d’œuvres ; certaines étant peintes à l’endroit même du musée. Lors de cette période, le peintre se consacre aux paysages avec des lumières et des couleurs changeantes. Il représente la collégiale de Vernon, la colline, les maisons, les champs de coquelicots, les chemins, les peupliers, les pivoines et les clématites de son jardin… 

Anne Delbarre évoque le Champ d’iris jaunes à Giverny, une huile sur toile de 1887 :

Autre motif récurrent : les meules de foin qui feront plus tard l’objet d’une série de vingt-cinq tableaux. Cyrille Sciama décrit Les Meules à Giverny, soleil couchant de 1888-1889 :

L’exposition sur Monet se termine avec les Nymphéas avec rameaux de saule :

Avec Avant Les Nymphéas. Monet découvre Giverny 1883-1890, le musée des impressionnismes propose une exposition immersive et montre comment Monet entretenait une réelle intimité avec le paysage, le plus souvent dénué de présence humaine.

Infos pratiques

  • Jusqu’au 5 juillet, tous les jours de 10 heures à 18 heures, au musée des impressionnismes à Giverny
  • Tarifs : 12 €, 9 €, gratuit le premier dimanche de chaque mois
  • Renseignements au 02 32 51 94 65 ou en ligne
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