À la fin des années 1990, Livia Saavedra se fond dans les free parties pour en photographier des moments suspendus dans une ambiance matinale brumeuse. L’exposition, End Of Times, est à voir jusqu’au 27 juin au 106 à Rouen.
Elle est « la fille à l’appareil-photo ». C’est de cette manière dont certaines et certains se souvenaient de Livia Saavedra. De 1998 à 2001, elle a documenté les raves illégales à Paris, en Normandie, dans le sud de la France et quelques pays européens, comme la République tchèque, l’Italie et les Pays-Bas. Des reportages qui deviendront le sujet de son projet présenté au concours d’entrée de l’école des Gobelins. Les images sont aujourd’hui rassemblées dans End Of Times, un livre aux éditions Signal Zéro et une exposition à découvrir jusqu’au 27 juin au 106 à Rouen.
Livia Saavedra, photographe humanitaire, a commencé à s’intéresser au free parties « grâce à un copain. Il m’a emmené dans les catacombes à Paris. Je trouvais ça dingue que ces grandes fêtes libres puissent exister au nez et à la barbe de la gendarmerie. À ce moment, personne savait gérer le mouvement. On était plutôt dans la diminution des risques que dans la répression. » Au début, l’étudiante en arts appliqués se fait discrète. « Il m’a fallu un an avant de prendre des photos. J’étais là en tant qu’observatrice et j’avais besoin de prendre mes repères et confiance. Par ailleurs, un appareil-photo rendait les gens parano. Ils pensaient que j’étais flic. Cependant, c’est là que j’ai su que je voulais être photographe. »
Livia Saavedra a souhaité garder des traces de ces free parties. Dans son travail, elle se focalise sur l’architecture des entrepôts, la nature et sur les ambiances loin du dancefloor. « J’attendais le matin que le soleil commence à se lever pour prendre des photos. C’est difficile de photographier la nuit. Je trouve qu’un coup de flash gâche beaucoup de choses. Que ce soit au petit matin ou en fin de journée, la lumière est bien plus belle pour figer un instant. » Elle offre ainsi une vision romantique du mouvement dans une atmosphère de fin du monde où se retrouvent des personnes, plus tout à fait adolescentes et pas encore adultes, qui s’échappent le temps d’un week-end des injonctions d’une société.


Infos pratiques
- Jusqu’au 27 juin, du lundi au vendredi de 12 heures à 18 heures, le samedi, seulement jour de concert, de 14 heures à 18 heures, au 106 à Rouen
- Entrée libre et gratuite
- Renseignements au 02 32 10 88 60 ou en ligne
- Aller voir l’exposition en transport en commun avec le réseau Astuce
