Il n’est pas seulement question d’amour dans Roméo et Juliette de Shakespeare. Guillaume Séverac-Schmitz évoque la fougue d’une jeunesse et sa soif de liberté dans sa mise en scène présentée du 28 au 30 avril au théâtre de Caen.
« J’aime redécouvrir les textes classiques et les faire résonner avec notre monde contemporain. » Depuis plusieurs années, Guillaume Séverac-Schmitz explore avec délice les pièces de William Shakespeare (1564-1616). Comme comédien dans Comme il vous plaira, Mesure pour mesure, Le Songe d’une nuit d’été et metteur en scène avec Richard II et Richard III. Il trouve dans cette œuvre tout ce qui anime son travail au théâtre, notamment la défense d’un théâtre populaire et de troupe et une adresse aux jeunes. Et il le fait avec Clément Camar-Mercier qui signe les traductions et les adaptations.
« Nous ne voulons pas retraduire mot à mot les pièces mais retrouver le sens de ce que souhaitait faire Shakespeare. Une adaptation permet également de plier une œuvre à mon envie, à ma façon d’attraper la pièce. » Guillaume Séverac-Schmitz a choisi cette fois Roméo et Juliette, une pièce très connue pour « en réinterroger le mythe. Elle parle de l’impatience de la jeunesse qui veut croire en une forme d’utopie amoureuse dans la vie. Là, c’est une jeunesse qui se brûle les ailes. Il y a beaucoup de morts. S’aimer de cette manière, je ne le souhaite à personne. C’est l’histoire d’une passion fulgurante, d’une attirance qui se termine en tragédie. »
Dans Roméo et Juliette, un texte publié en 1597, s’affrontent deux familles à Vérone en Italie. Lors d’un bal, Roméo Montaigu tombe amoureux de Juliette Capulet. La rivalité entre les deux clans ne va pas effacer cet amour a priori impossible. Les deux adolescents seront réunis dans la mort, après des violences, des stratagèmes et des malentendus.
Dans une boîte à jeu
Guillaume Séverac-Schmitz confie le rôle de Roméo et de Juliette à deux comédiennes, Marine Gramond et Clémence Coullon. « Je ne voulais pas être dans un rapport stéréotypé du couple. De plus, les deux actrices se connaissent bien. Il y a des liens de travail et d’amitié. Elles jouent le texte et ne sont pas dans un rapport de séduction mais dans un rapport amoureux au texte. Cela permet d’aborder un autre rapport au corps. »
Qui sont vraiment ces deux personnages ? « Il y a chez eux une grande pudeur. Roméo est un personnage sombre et dépressif qui est aussi novice en amour que Juliette. Il se demande ce qu’est aimer. Juliette n’est pas naïve mais elle est dans l’attente, dans la découverte et dans la joie de la découverte. »
Guillaume Séverac-Schmitz réunit sept comédiennes et comédiens, Sophie Cattani, Mathilde Auneveux, Guillaume Morel, Philippe Smith, Olivier Sangwa et une violoncelliste, Lydia Shelley, dans « une boîte à jeu blanche avec des espaces qui se font et se défont » et où évoluent des corps qui dansent, se désirent et se combattent.
Infos pratiques
- Mardi 28, mercredi 29 et jeudi 30 avril à 20 heures au théâtre de Caen
- Durée : 1h55
- Tarifs : de 28 à 8 €
- Réservation au 02 31 30 48 00 ou en ligne
