L’Ensemble Correspondances, dirigé par Sébastien Daucé, interprète l’une des premières œuvres composées par Francesco Cavalli, La Calisto. Mis en scène par Jetske Mijnssen, le spectacle transposé dans l’univers du XVIIIe siècle, est présenté les 20 et 21 mai au théâtre de Caen.
C’est un opéra qu’il connaît très bien. Sébastien Daucé a beaucoup écouté La Calisto du compositeur italien, Francesco Cavalli (1602-1676). « C’était mon disque de chevet lorsque j’étais adolescent. L’œuvre est tellement riche. Musicalement, elle est très belle. Théâtralement, il arrive parfois que les livrets soient complexes. Celui-ci est clair, limpide et profond. À l’opéra, on aime que l’on nous raconte des histoires. Dans La Calisto, il y a une histoire trépidante et il ne se passe pas plus de deux minutes sans un beau moment chanté, sans une belle mélodie ».
La Calisto est inspiré des Métamorphoses d’Ovide. Jupiter n’a pas changé. L’éternel séducteur multiplie les conquêtes féminines pour assouvir ses désirs. Sa prochaine victime sera Calisto. Or la jeune femme, dévouée à Diane, le repousse d’emblée. Comme le roi des dieux ne peut concevoir un tel refus, il va se travestit en Diane pour obtenir les faveurs de Calisto. Il s’en suivra une série de quiproquos et de complots jusqu’à ce que Junon découvre une nouvelle infidélité de son mari. L’épouse de Jupiter décide de se venger. Elle efface toute la beauté de Calisto et la métamorphose en ourse. Jupiter, avec tout de même quelques regrets, incarne une Calisto humiliée en étoile. Selon la légende, c’est ainsi que naît la constellation de La Grande Ourse.
Une adaptation
La metteuse en scène Jetske Mijnssen transpose l’opéra de Cavalli, interprété par l’Ensemble Correspondances de Sébastien Daucé mercredi 20 et jeudi 21 mai au théâtre de Caen, dans un hôtel particulier somptueux du XVIIIe siècle. C’est là qu’elle explore les sentiments amoureux, le désir qui peut devenir un instrument de pouvoir, le jeu de séduction en pensant au roman de Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses.
La Calisto est « l’histoire d’un abus. Elle a pu faire rire à une époque. Aujourd’hui, elle nous parle autrement parce qu’elle est choquante, remarque Sébastien Daucé. Ce n’est pas juste une histoire de passion amoureuse. Calisto s’est faite abusée et reste dans une forme de déni. De plus, Junon punit la victime et non son mari. Elle est très injuste. De tout temps, les femmes ont été maltraitées. Les hommes peuvent rentrer à la maison après les avoir trompées. Cette œuvre a une grande liberté de ton étonnante. »
Pour cette production, Sébastien Daucé, grand connaisseur du répertoire baroque, a écrit une adaptation de la partition de Cavalli imaginée pour six musiciens dans un petit théâtre situé en plein cœur de Venise. Et il l’a faite « dans une démarche scientifique sans intelligence artificielle. Ce travail a pris du temps », précise-t-il. Le fondateur de l’Ensemble Correspondances a conservé chaque note inscrite par le compositeur italien. À la manière de Cavalli, il a ajouté plusieurs parties. « Cavalli lui-même a effectué un tel travail lorsqu’il supervisait les reprises du Couronnement de Poppée de Monteverdi. Une œuvre n’est jamais figée. Il est normal qu’elle continue à vivre. » Sébastien Daucé révèle d’autant plus toute la richesse de La Calisto.
Infos pratiques
- Mercredi 20 et jeudi 21 mai à 20 heures au théâtre de Caen
- Durée : 3h10
- Spectacle chanté en italien et surtitré en français
- Tarifs : de 66 à 10 €
- Réservation au 02 31 30 48 00 ou en ligne
