Zola s’invite chez Flaubert

Il y a Zola l’écrivain et Zola le photographe. C’est le deuxième qui est présenté jusqu’au 27 septembre au Pavillon Flaubert à Croisset dans l’exposition d’une trentaine d’images, Émile Zola photographe, sous les tilleuls dans le jardin.

C’est dans la propriété familiale à Croisset que Gustave Flaubert a écrit la plus grande partie de son œuvre. Aujourd’hui, il reste deux petites bâtisses et un grand jardin redessiné avec de multiples fleurs et l’allée des tilleuls. L’écrivain s’y était réfugié en 1846 suite à des soucis de santé. Face à lui, il avait la Seine où il se baignait. « C’était tout un rituel. Il allait dans le fleuve vêtu d’un peignoir rouge et accompagné des domestiques ou des médecins », rappelle Jean-Baptiste Chantoiseau, conservateur et directeur des musées littéraires de la Réunion des musées métropolitains.

À Croisset, Gustave Flaubert accueillait également ses amis écrivains dont Émile Zola, venu passer une nuit en mars 1880. « Si Flaubert avait la dent dure pour Balzac, il avait une admiration pour Zola », remarque le conservateur. Comme le démontrent trois lettres envoyées par l’auteur normand où il confie sa « hâte de découvrir le nouveau roman ».

Dans cette exposition, Émile Zola photographe, à voir jusqu’au 27 septembre au Pavillon à Croisset, c’est l’image, et non les mots, qui est mise en avant. Un choix étonnant puisque Flaubert avait un regard sévère sur la photographie et refusait d’illustrer ses romans. « Il était très réticent, commente Jean-Baptiste Chantoiseau. On connaît une seule pose de lui, et de loin, lors de son voyage en Égypte dans le jardin de l’hôtel du Caire. Il aimait entretenir le mystère. Ce qui comptait avant tout pour lui, c’était l’écriture. » 

Émile Zola, lui, s’est passionné pour cet art, tardivement vers l’âge de 50 ans. « Le cycle des vingt romans terminé, il a un vrai engouement. Le fonds est important avec ses 2 000 photos. C’est une facette plus intime qu’il présente. Il n’est pas dans le reportage sur la société de son temps mais parle de son quotidien », indique le directeur. Avec un certain sens du cadrage, l’auteur des histoires des Rougon-Macquart réalise des autoportraits, photographie sa famille, son épouse, Alexandrine, sa maîtresse, Jeanne, et leurs deux enfants, Denise et Jacques. Il s’intéresse aux maisons et aux jardins, à ses chiens, à la Seine et au vélo. Une trentaine d’images, tirées à partir des négatifs originaux, sont installées dans le jardin à Croisset, comme un écho à la vie passée dans ce pavillon.

Infos pratiques

  • Jusqu’au 27 septembre, les samedi et dimanche de 14 heures à 18 heures, au Pavillon Flaubert à Croisset
  • Entrée gratuite
  • Aller voir l’exposition en transport en commun avec le réseau Astuce
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