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Toute la magie de la pluie

150 œuvres révèlent diverses ambiances pluvieuses. Le musée des Beaux-Arts à Rouen a fait de la pluie le sujet de son exposition d’été, Sous La Pluie, peindre vivre et rêver, visible jusqu’au 20 septembre dans le cadre du festival Normandie impressionniste.

L’image est devenue un cliché : la Normandie avec son paysage verdoyant. Et si l’herbe est verte, c’est à cause de la pluie. La pluie, le crachin, la bruine, l’averse, l’ondée, la drache, le grain, le déluge… Autant de mots qui animent les conversations lorsque la pluie s’installe pendant plusieurs jours dans la région. Les artistes se sont aussi emparés de ce phénomène météorologique parce qu’il transforme les ambiances dans les villes et les campagnes, influe sur les humeurs et éveille des sensations, nourrit les imaginaires

Comment représenter la pluie, a priori invisible, dans une œuvre ? Réponse dans l’exposition Sous La Pluie, peindre vivre et rêver, présentée jusqu’au 20 septembre au musée des Beaux-Arts à Rouen lors du festival Normandie impressionniste. Les artistes se saisissent du motif de différentes manières. Ils n’hésitent pas à strier les ciels pour révéler la violence de l’épisode pluvieux. Les paysages sont voilés, plus sombres, voire disparaissent. L’horizon est bien plus proche. Sur cette eau qui recouvre les rues ou stagne dans des flaques viennent se refléter des ombres et des paysages.

Les artistes se sont aperçu aussi combien la pluie a une influence sur les corps. En ville, les piétons, dans leurs vêtements gris ou noirs, se réfugient sous les parapluies et semblent avoir un pas plus alerte. À la campagne, Les travaux dans les champs, déjà difficiles, deviennent encore plus pénibles lorsque l’on a les deux pieds dans la boue.

Pensée avec le musée de Nantes, l’exposition Sous La Pluie, peindre, vivre et rêver, qui plonge le public dans les ambiances pluvieuses réunit 150 œuvres avec des peintures de Claude Monet, Camille Pissarro, Gustave Doré, Gustave Caillebotte, Gustave Courbet, Charles Angrand, Georges Michel, Eugène Boudin, Jean-Baptiste Née, Théodore Rousseau… Tous réenchantent la pluie. « C’est aussi un marqueur du temps. La pluie est passagère. Elle est ancrée dans une temporalité et induit la notion de temps qui passe », commente Jeanne-Marie David, conservatrice des collections du XIXe siècle et du cabinet des arts graphiques au musée des Beaux-Arts à Rouen, co-commissaire de l’exposition.

Jeanne-Marie David décrit le tableau d’Eugène Boudin, Un Grain, qui représente « la vigueur des éléments » :

Claude Monet a peint la Pluie à Belle-Île en 1886. Des explications avec Jeanne-Marie David :

Cette exposition présente également des gravures, des photographies, issues du fonds de Normandie Images, et des extraits de films où la pluie devient un personnage dans Dansons sous la pluie, Un Homme et une femme, Orgueil et préjugés, Quatre mariages et un enterrement, The Truman Show, La Maison ensorcelée… Il faut enfin écouter Marie-Pierre Planchon. Avec cette animatrice radio, la météo devient une poésie. Elle lit Les Chroniques d’une faiseuse de pluie, des bulletins météorologiques qui font rêver.

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