Présenté au festival de Cannes dans le cadre de la Quinzaine des cinéastes et dans les salles de cinéma mercredi 5 août, Des Fleurs pour Tokyo est le premier long-métrage de Yuiga Danzuka, un jeune réalisateur de 28 ans très inspiré par l’architecture de Tokyo.
Si la culture nippone vous fascine, si le cinéma japonais vous plaît, si vous rêvez d’un séjour à Tokyo, Des Fleurs pour Tokyo est fait pour vous. Le premier long-métrage du jeune réalisateur de 28 ans, Yuiga Danzuka, nous propose une ballade dans un Tokyo comme on le voit rarement. Un Tokyo dont il expose l’évolution architecturale, tout en filmant une famille qui tente de se reconstruire.
Le film s’ouvre justement sur la famille Takano qui part quelques jours en vacances dans une maison d’hôtes isolée de la capitale. À peine arrivée à destination, le père, Hajime (Kenichi Endo) reçoit un coup de fil. Il doit rentrer aussitôt pour signer un contrat important pour sa carrière de paysagiste-concepteur. On assiste alors à une scène de ménage, aussi calme que pesante ; la mère Yumiko (Haruka Igawa) rappelant à son mari d’un ton glacial qu’elle lui avait juste demandé trois jours avec leurs enfants, Emi et Ren…
Dix ans et six mois plus tard
Tout le film se déroule alors dix ans et six mois plus tard au centre de Tokyo. Six mois pour souligner que ce n’est plus le temps des vacances quand on retrouve Ren (Kodai Kurosaki), livreur d’orchidées papillon à Tokyo, et Emi (Mai Kiryu) sur le point de se marier. Depuis le suicide de leur mère, tous deux sont en froid avec leur père, parti travailler à l’étranger. Une livraison de fleurs va amener Ren à revoir Hajime en mission à Tokyo.
Subtilement, Yuiga Danzuka fait en sorte que les reproches au père ne soient pas toujours adressés par les enfants mais par également d’autres personnages à l’image de cette employée qui critique le nouveau projet d’Hajime impliquant l’expulsion des sans-abris d’un parc où ils trouvaient calme et repos. L’indifférence de l’architecte en dit long…
Avec Des Fleurs pour Tokyo, on retrouve la lenteur des films japonais qui fonctionne si bien avec la poésie des images, la délicatesse des mouvements, le tout rendant les disputes verbales, brèves mais violentes, encore plus choquantes. Le réalisateur filme la ville grouillante qui affiche sa modernité alors que les membres de la famille Takano cachent au mieux leur solitude, les émotions qui les traversent, ainsi que la complexité de leurs véritables intentions.
Le spectateur est touché d’apprendre que Yuiga Danzuka dédie son film sans concession, douloureux et poétique, à sa mère et à Tokyo, la ville où elle l’a mis au monde.
- Des Fleurs pour Tokyo de Yuiga Danzuka (Japon, 1h55) avec Kodai Kurosaki, Ken’ichi Endô, Haruka Igawa…
