Cinq jeunes femmes dansent la masculinité

Photo : Compagnie Kynlaus

Il y a des spectacles qui saisissent immédiatement. Viriles, de la Compagnie Kynlaus, en fait partie. Cette pièce chorégraphique, portée par cinq jeunes femmes, explore avec finesse ce que signifie aujourd’hui « être un homme ». C’est à découvrir samedi 8 août à l’aître Saint-Maclou à Rouen pendant Jours de Fête.

Sur le bitume, cinq parcours masculins se dessinent. Cinq manières d’habiter une masculinité héritée, transmise comme un modèle parfois difficile à porter. Les postures, les silences, les gestes appris dès l’enfance composent une matière familière. Peu à peu, les certitudes se fissurent. Le mouvement devient alors un langage où peuvent enfin apparaître la fragilité, le doute et la liberté. La danse ne cherche jamais à reproduire le masculin. Elle donne à voir les tensions qui traversent les corps, entre injonctions sociales et désir d’émancipation. 

La force de Viriles tient à cette écriture chorégraphique sans démonstration. Qu’elle soit portée par cinq jeunes femmes n’a rien d’un paradoxe. Ce choix de distribution décale le regard et invite à observer autrement les mécanismes de la virilité. Les élans de puissance côtoient les moments d’abandon, les gestes d’autorité se dissolvent dans une douceur inattendue. Sans jamais enfermer le sujet dans un discours, la pièce ouvre un espace de réflexion où chacun peut reconnaître une part de son propre rapport aux normes.

Fondée par la chorégraphe Alizé Hernandez, la Compagnie Kynlaus réunit cinq danseuses de moins de trente ans, récemment diplômées ou encore en formation. Cette jeunesse irrigue le spectacle d’une énergie vive, presque organique. Elle ne sert pas de démonstration technique, mais nourrit une interprétation sincère, portée par des corps qui interrogent autant qu’ils dansent. En plein air, au plus près du public, cette création prolonge la vocation du festival à faire dialoguer les œuvres avec la ville. On y vient pour la danse, on en repart avec une question. Et c’est peut-être là, dans cet entre-deux, que réside la vraie puissance du spectacle.

Infos pratiques

  • Samedi 8 août à 18 heures à l’Aître Saint-Maclou à Rouen
  • Durée : 45 minutes
  • À partir de 4 ans 
  • Spectacle gratuit
Partager l'article