La Joconde n’a pas dit son dernier mot

Photo : Fabienne Rappeneau

Cinq siècles qu’elle sourit sans rien dire. Cinq siècles qu’on l’observe, qu’on l’interroge, qu’on lui prête toutes sortes de secrets. Mais cette fois, Mona Lisa a décidé de rompre le silence. Sous la plume de Laurent Ruquier, la femme la plus célèbre de l’histoire de l’art s’offre enfin un droit de réponse. Et visiblement, elle n’a pas sa langue dans sa poche dans ce spectacle, La Joconde parle enfin, joué vendredi 6 novembre au théâtre Montdory à Barentin.

Chaque jour, des milliers de visiteurs se pressent au musée du Louvre à Paris pour l’apercevoir. On la photographie, on la commente, on échafaude les théories les plus extravagantes à son sujet. Mais au fond, que sait-on vraiment d’elle ? Dans La Joconde parle enfin, Laurent Ruquier renverse les rôles et donne la parole à celle qui, depuis plus de cinq cents ans, supporte sans broncher les regards du monde entier. Libérée de son cadre, Mona Lisa raconte sa version des faits. De sa rencontre avec Léonard de Vinci à son statut de vedette planétaire, elle revient sur une existence pour le moins mouvementée. Avec un humour mordant et quelques règlements de comptes à la clé.

Derrière cette prise de parole aussi inattendue qu’irrévérencieuse se cache une plongée dans l’histoire de l’art. Le spectacle revisite la Renaissance, les mystères entourant le portrait et les épisodes qui ont forgé sa légende. À commencer par son spectaculaire vol au Louvre en 1911, qui transforma le tableau en phénomène médiatique. Anecdotes insolites, références historiques et traits d’esprit s’enchaînent sans jamais prendre des allures de conférence. L’auteur s’amuse avec les faits autant qu’avec les idées reçues. Et pose, mine de rien, une question très contemporaine. Comment vivre sa célébrité lorsque tout le monde s’approprie votre image ? Bien avant Instagram, Mona Lisa connaissait déjà les désagréments de la notoriété.

Et elle est drôle

Encore fallait-il donner chair à cette icône figée dans son éternelle pose. C’est tout le talent de Karina Marimon, seule en scène, qui prête à Mona Lisa une personnalité aussi piquante qu’attachante. Avec son énergie de stand-uppeuse, son sens de la répartie et sa complicité avec le public, la comédienne transforme ce portrait immobile en personnage de théâtre. Loin de la figure énigmatique et inaccessible que l’on connaît, sa Joconde se révèle drôle, impertinente, parfois caustique. Elle s’empare de sa propre légende avec une liberté réjouissante, passant de la confidence à la moquerie. Une interprétation qui fait oublier la vitre blindée et les cordons de sécurité du musée.

Il aura donc fallu attendre cinq siècles pour entendre ce que Mona Lisa avait sur le cœur. Entre humour et histoire, La Joconde parle enfin invite à redécouvrir un chef-d’œuvre que l’on croyait connaître. Une chose est sûre, après l’avoir écoutée, son sourire n’aura peut-être plus tout à fait la même signification.

Infos pratiques

  • Vendredi 6 novembre à 20h30 au théâtre Montdory à Barentin – Des places sont à gagner
  • Durée : 1h10
  • Tarifs : de 24 à 10 €
  • Réservation au 02 32 94 90 23 ou en ligne
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