Jusqu’à l’ivresse avec Naïssam Jalal

photo : Alexandre Lacombe

Naïssam Jalal sonde l’intériorité, les rêves, les territoires mystiques. Elle l’a fait dans Quest Of The Invisible, un album sorti en 2019 que la flûtiste joue en trio vendredi 10 février à La Cidrerie à Beuzeville.

Quest Of The Invisible est un album singulier dans le répertoire de Naïssam Jalal. La flûtiste s’est inspirée d’airs spirituels pour aller en quête de l’invisible et d’une transe. Depuis la sortie en 2019, elle reprend volontiers ces musiques avec le pianiste Leonardo Montana et le contrebassiste Claude Tchamitchian. Avec eux, « plus le temps passe, plus la musique devient puissante. Le temps a créé une intimité entre nous, entre nous et le répertoire. Se donner ce temps, c’est trouver le meilleur moyen de faire aboutir la musique ».

Dans ces titres, les trois interprètes trouvent désormais une grande liberté pour entamer un dialogue musical. « Je peux aller n’importe où et Leonardo et Claude savent exactement ce qu’ils peuvent faire pour m’accompagner ou inversement. Plus nous jouons, plus nous nous rendons compte qu’il y a des chemins à explorer ». Dans ces échanges, le silence tient une place toute particulière. « La musique fait sens en effet s’il y a du silence. En Occident, il y a gros souci avec le silence. Il angoisse. Or il faut prendre le temps de se taire ».

Une dimension spirituelle

Du silence pour explorer une dimension spirituelle. C’est toute l’essence de Quest Of The Invisible. Selon Naïssam Jalal, en concert vendredi 10 février à La Cidrerie, « nous vivons dans une société qui est très axée sur la consommation, le plein, le remplissage, la quantité, le bruit. Or nous sommes des être, pas des avoir ». Pour composer cet album, la musicienne, imprégnée de traditions extraoccidentales est aussi allée chercher au plus profond de ses sentiments, de ses souvenirs et de ses souffrances. 

Quest Of The Invisible est un chemin aussi vers le rêve, l’ivresse et la guérison. La musicienne l’a exploré avec les musiques d’Ali Plaza. « Elle est d’une puissance et d’une grande spiritualité. Quand je l’écoute, je vais mieux. Elle peut même agir sur une douleur physique ». 

Ses albums, Naïssam Jalal les a toujours imaginés comme des voyages qui sont « des moyens d’exprimer sa capacité à être à l’écoute. Quand on voyage, on fait l’expérience de l’autre et on est davantage capable de se mettre à la place de l’autre et d’être dans la bienveillance ». Quand elle joue, elle veut « faire du bien » à celles et ceux qui lui « prêtent des oreilles ».

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