Judith Rémy, Prunella Rivière et Delphine Simon, ce sont les trois Sea Girls. Chanteuses, comédiennes et danseuses, elles s’emparent de sujet sérieux et graves avec tendresse, cruauté et absurdité. Dans cette Anthologie ou presque !, les Sea Girls, en tailleur blanc, traversent tout leur répertoire dans ce cabaret musical, présenté mardi 14 février au théâtre Montdory à Barentin. Entretien avec Delphine Simon.
Pourquoi était-il le moment de parcourir tout votre répertoire ?
Nous travaillons ensemble depuis une vingtaine d’années. La tournée de notre cinquième spectacle s’est arrêtée avec le confinement. L’état de santé actuel de la culture n’est pas très bon. Nous avions envie d’un spectacle plus léger. Il y avait aussi une demande de nos fans qui nous suivent depuis longtemps. Ils souhaitaient réécouter des titres que nous ne chantions plus.
Comment s’est opéré le choix des chansons pour cette Anthologie ?
Il y a eu la joie de retrouver des chansons que nous avions rangées dans un tiroir. Ce ne sont pas les plus connues mais les rechanter nous a procuré beaucoup de plaisir. Nous sommes tous les trois le fil rouge dans ce répertoire. Nous avec nos trois personnages, nos trois particularités. Dans ce groupe, nous sommes complémentaires. Comme dans la vie. Nous sommes telles trois frangines qui se chamaillent et déballent tout sur scène. Tout en cultivant nos traits de caractère.
Vous n’avez pas changé de parti-pris : rire des sujets tragiques.
Les choses de la vie sont très sérieuses et très graves. Oui, notre phrase maîtresse reste en effet : il vaut mieux en rire. Nous allons tous crever. Si, en plus, nous pleurons sur notre sort, nous n’allons pas nous en sortir. Après ça, tout devient plus léger. Même si ça frotte et ça grince.
Vous sentez-vous davantage comédiennes ou chanteuses ?
Nous sommes avant tout des comédiennes. Le théâtre est notre formation. La chanson est là et nous ne les chantons pas. Nous les interprétons. Le jeu est primordial. Le fil se tend dans le jeu, dans nos jalousies, dans nos rapports conflictuels, nos grandes joies…
Que vous permet la chanson ?
La chanson permet de tout dire. Il faut amener du rythme,, dessiner un cadre, donne une couleur. C’est de cette manière que Prunella écrit. La chanson est comme une loupe. Mais elle ne pourrait juste nous satisfaire. À chaque interprétation, nos personnages prennent le dessus. Nous devons jouer.
Infos pratiques
- Mardi 14 février à 20h30 au théâtre Montdory à Barentin
- Durée : 1h15
- Tarifs : de 20 à 5 €
- Réservation au 02 32 94 90 23
