Silly Boy Blue : « partir m’a permis de ne pas tricher »

Photo : Louis Lepron

Eternal Lover est une suite d’états et de sentiments éveillés par l’amour. L’amour, un thème qui revient dans le deuxième album de Silly Boy Blue. Elle en décortique les ressorts et les émotions, confie ses espoirs et ses désenchantements, évoque la mélancolie, l’amertume et la colère. Baignées d’une pop-electro, les atmosphères sont changeantes, parfois électriques, à d’autres moments, plus oniriques. Silly Boy Blue sera jeudi 23 novembre au Tetris au Havre. Entretien

Pourquoi avez-vous ressenti le besoin de vous isoler pour écrire cet album, Eternal Lover ?

Ce n’était pas pour l’écrire mais pour commencer à le penser. En fait, je ne savais pas que j’en avais besoin. Mon inconscient m’a trainé jusqu’à Londres. Cela m’a permis d’organiser ce qu’il y avait dans ma tête. Ce fut un temps de pause qui m’a fait du bien. Là-bas, j’étais seule. J’ai l’habitude d’être solitaire. J’aime bien ça. Cette solitude imposée m’a forcée à regarder à l’intérieur de mon cerveau.

Est-ce que partir a libéré votre écriture ?

Partir m’a permis de ne pas rester à la surface, d’aller au plus profond des choses et de ne pas tricher. C’est assez intéressant mais éprouvant. Aujourd’hui, je suis tellement contente d’être partie. L’album a été écrit pendant un été, entre mai et septembre. Un moment pendant lequel j’ai énormément bougé. J’en avais en effet besoin pour remettre les compteurs à zéro. Je suis donc allée à Londres, à Paris, à la campagne… Je recherchais des ambiances différentes.

Breakup Songs peut être la suite d’Eternal Lover. Pourquoi avez-vous souhaité ce lien ?

Il y a quelque chose de très fluide entre les deux albums. Quand j’ai commencé à travailler sur Eternal Lover, j’avais encore en tête le premier album. Il faisait toujours partie de moi. Je me souviens que j’étais encore dans la retenue. J’ai voulu pour la suite une ouverture. Il y a en effet une suite logique. Ces deux albums me ressemblent tant. Ce sont mes histoires que j’écris.

Ce sont deux albums sur l’amour.

Oui mais cette fois, c’est moins triste, moins négatif et moins subi. Je prends conscience des choses. Pour un premier album, tout est une découverte. On écrit plutôt des chansons à 3 heures du matin parce que l’on est désespéré. C’est comme un journal intime qui est parfois dur à relire. Mais je les aime, ces chansons. Elles ont été salutaires, parce que j’ai pu exprimer avec des mots ce qui était en moi. La suite est différente. Il y a déjà moins de temps consacré à l’écriture en raison des tournées. On fait davantage attention au choix des mots. Un deuxième album est davantage un album photos que l’on a plaisir à regarder de temps en temps.

Quand avez-vous choisi ce titre, Eternal Lover ?

Je l’ai choisi d’emblée. Mes chansons parlent toujours d’amour, sous toutes ses formes. Et je pense que ce sera un thème récurrent. Je me donne ce rôle-là.

Comment avez-vous travaillé avec Paco Del Rosso, le producteur ?

J’ai travaillé avec plusieurs personnes, surtout en binôme avec Paco Del Rosso. C’est quelqu’un qui m’a beaucoup apporté. Ce fut une grande révélation parce qu’il m’a permis de sortir de mes sentiers battus. Il m’a encouragée dans mon écriture. En fait, il m’a fait grandir naturellement. C’est une personne qui arrive à dire : il faut aller encore plus loin. Ensemble, nous avons écouté beaucoup de musiques, notamment cette pop alternative. Ce qui donne cette couleur à l’album.

Pourquoi avez-vous demandé à Pierre et Gilles de réaliser la pochette d’Eternal Lover ?

J’aime leurs photos depuis que je suis toute petite. Je suis vraiment très fan. Je rêvais de les rencontrer. J’ai pu le faire lors de vernissage d’une exposition. Au début, je n’ai pas osé leur parler de l’album. Deux mois plus tard, j’ai pris mon courage à deux mains et je leur ai envoyé un message. Ils m’ont proposé de passer dans leur atelier. Pendant un après-midi, nous avons échangé sur plusieurs sujets artistiques. Cela s’est fait juste comme ça. C’est une expérience fantastique. Ce sont deux personnes que j’aime énormément.

Cette image est empreinte de nombreux symboles.

Nous avons construit cette pochette ensemble. Ils ont tout d’abord écouté l’album puis suggéré des couleurs, des ambiances. Lorsque je suis arrivée pour la photo, j’ai découvert le décor. Et c’était exactement ce que je voulais avec ce côté madone.

Infos pratiques

  • Jeudi 23 novembre à 20 heures au Tetris au Havre
  • Première partie : Moorea
  • Tarifs : de 13 à 8 €
  • Réservation au 02 35 19 00 38 ou sur www.letetris.fr
Partager l'article