Portrait d’une violence

Dans Métaphore du Pyé koko, Gwladys Gambie évoque la violence exercée sur les corps à travers l’image du cocotier qu’elle décline sur des dessins et sur une très longue robe portée par une échassière. C’est à voir samedi 1er juin au jardin des plantes et au musée de la Céramique à Rouen lors de la Nuit blanche.

Avec un cocotier, il est facile d’avoir en tête une image de carte postale. Dans ses créations, Gwladys Gambie vient justement gommer tout univers paradisiaque pour aborder les questions de violences. Qu’elles soient masculines, économiques, urbaines, coloniales, sociales… L’artiste martiniquaise fait du cocotier le « portrait » d’un événement dramatique. « Il met en exergue toutes les problématiques que nous avons aux Antilles ». L’arbre raconte ainsi la blès, une douleur intérieure qui peine à s’apaiser.

Présenté samedi 1er juin dans le pavillon de Chasse au jardin des plantes et au musée de la Céramique à Rouen, Métaphore du Pyé koko est une série de dessins à l’encre de chine. Les cocotiers prennent des formes improbables. Ils sont étêtés, scalpés, déformés, portent des feuilles et des fruits d’autres arbres, plantés dans un pot tel un carcan, tentent de déployer leurs racines. Certains affichent des plaies que Gwladys Gambie brode au fil rouge.

Les cocotiers apparaissent également sur une longue robe blanche, la couleur du deuil. Tel un moko jumbie, une échassière, avec une coiffe et un masque traditionnels, la présentera au jardin des plantes et dans le centre ville de Rouen lors de deux déambulations ou processions en hommage aux femmes blessées dans leur corps.

Infos pratiques

Samedi 1er juin

  • À 19h45 : déambulation au jardin des plantes à Rouen
  • À 23 heures : projection des dessins sur la façade du musée de la Céramique à Rouen
  • À 23h30 : déambulation de la cathédrale jusqu’au musée de la Céramique à Rouen
  • Gratuit
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