Le destin de deux sœurs pendant la guerre d’Algérie

Photo : Julie Boillot-Savarin

Min El Djazaïr (Depuis L’Algérie) croise le destin de deux sœurs qui vivent de manières différentes le bouleversement historique de leur pays. Dans un univers poétique, dessiné par les ombres et les tissus, la compagnie Hékau de Nicole Ayach évoque l’exil et le souvenir mercredi 22 janvier au théâtre Jean-Vilar à Ifs avec Le Sablier.

Quel héritage ont-elles reçu ? Nicole Ayach et Sarah Melloul, issues de familles juives d’Afrique du Nord qui ont migré en France, se sont souvent posé la question. « Cet héritage est complexe, à la fois proche, intime et éloigné. Dans ma famille, il y a comme une amputation », confie Nicole Ayach. La comédienne, marionnettiste, fondatrice de la compagnie Hékau, a écrit avec la journaliste et consultante en ingénierie culturelle Min El Djazaïr (Depuis L’Algérie) une fable sur le souvenir, la mémoire et la transmission.

Dans Min El Djazaïr, joué mercredi 22 janvier au théâtre Jean-Vilar à Ifs, Babeth se remémore son enfance à Alger à partir du milieu des années 1950, le magasin de son père, les Tissus Allouche, la plage, puis la violence, les déchirements familiaux, les moments de choc. Cette jeune femme qui n’a pas voulu s’engager a regardé la transformation de son pays avant le départ à Marseille. Simone, elle, n’a pu rester seulement spectatrice de cet épisode historique. Elle s’est rapprochée du parti communiste algérien et des mouvements indépendantistes et a lutté.

À partir d’archives historiques et familiales

Deux sœurs et deux destins opposés mais les mêmes interrogations afin de tenter de trouver une identité. Pour construire leurs personnages de Min El Djazaïr,, Nicole Ayach et Sarah Melloul ont parlé avec les membres de leur famille, interviewé des chercheurs, lu un grand nombre de documents historiques et regardé des vidéos issues des archives familiales. La réflexion historique a croisé les sentiments intimes.

Comme les créations précédentes de la compagnie Hékau, la démarche artistique est nourrie du théâtre d’ombres. Pour Nicole Ayach, il était évident que le tissu serait très présent. « C’est inspiré de mon histoire. Mon arrière-grand-mère était employée dans un magasin de tissus à Alger. Par ailleurs, le tissu est là comme un fil rouge et devient une surface de projection. Nous avons pu travailler sur les couleurs, sur la transparence et sur la superposition » qui créent un univers poétique. Tout comme la musique composée à partir des répertoires algériens.

Infos pratiques

  • Mercredi 22 janvier à 19h30 au théâtre Jean-Vilar à Ifs
  • Durée : 50 minutes
  • À partir de 11 ans
  • Tarifs : de 16 à 3 €
  • Réservation au 02 31 82 69 69 ou en ligne
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