Fabien Mérelle dessine une longue Ligne de vie où s’entrelacent passé et présent. Sur des dessins et à travers des sculptures, présentés jusqu’au 5 octobre au centre d’art contemporain de la Matmut à Saint-Pierre-de-Varengeville, il raconte avec un certain humour et une grande sensibilité l’histoire d’un personnage qui ne cesse de se questionner.
Fabien Mérelle n’est pas un inconnu en Normandie. Pour Un Été au Havre, en 2018, il s’est représenté portant sa fille sur ses épaules dans Jusqu’au bout du monde, une œuvre de plus de 6 mètres de haut, empreinte de tendresse, installée sur la digue Augustin-Normand. La famille, les liens, l’enfance, la transmission, l’amour, le cours du temps et la nature sont des thématiques questionnées de manière récurrente dans le travail de l’artiste.
« La famille est un vrai sujet. Je me suis demandé : c’est quoi être père aujourd’hui ? Il y a une opportunité d’être présent différemment. C’est un moment unique que je veux documenter. Par ailleurs, j’ai grandi avec ma femme. Nous nous sommés rencontrés à l’âge de 17 ans. Je l’ai vue devenir femme. Une femme que j’admire. Et moi, je suis devenu un homme. Nous avons fondé une famille ensemble ».
Un personnage
Tous ces thèmes sont à nouveau abordés dans cette exposition, présentée jusqu’au 5 octobre au centre d’art contemporain de la Matmut à Saint-Pierre-de-Varengeville. Ligne de vie est la chronique d’un homme. « C’est mon personnage. Il est à la fois moi et pas moi. C’est mon alter ego et c’est ma vie. Pour moi, c’est la plus accessible. Cette ligne de vie est comme un fil d’Ariane. Je suis sur un chemin et je ne veux pas le perdre ». Fabien Mérelle fait un peu appel à ses souvenirs. Il a surtout pour habitude de poser ses réactions et ses émotions. « Je les traite à chaud parce qu’il y a une urgence. Je suis dans une force de création, dans un mouvement. Chaque pièce est comme un haïku ».
Fabien Mérelle projette ainsi son corps, comme un véhicule de la pensée, dans les dessins et les sculptures. Il est là, pieds nus, vêtu d’un tee-shirt et d’un pantalon de pyjama rayé, et vient se fondre dans un monde animal et végétal. La forêt, il connaît bien. « Quand j’étais enfant, il y en avait une au bout de ma rue. Elle ne payait pas de mine avec ses arbres malingres. J’ai poussé en même temps qu’eux, au milieu d’eux. Quand j’ai commencé à dessiner, les arbres sont revenus massivement. Certainement pour retrouver cette forêt intérieure », baignée de lumières, avec ses parties sombres.
Dans un style réaliste
L’artiste dessine à l’encre de Chine avec une grande précision dans un style très réaliste. Il se représente au bout de l’île d’Oléron que grignote la mer. Dans cet endroit sans vie, tel un Robinson Crusoé, il se construit une cabane, se promène, se repose sur une branche d’arbre mort ou se perche tout en haut d’un tronc. Fabien Mérelle vole également avec des flamands, s’amuse avec son ombre. Dans un grand élan d’amour, il dresse le portrait de son épouse et de ses trois enfants.
À côté des dessins, il y a la sculpture, en bois ou en bronze. Fabien Mérelle préfère parler de photographies. Là encore, il se met en scène. Il est un perchoir à oiseaux, un homme découpé par ses tranches de vie. Il présente enfin l’étreinte réalisée avec son père où deux corps se retrouvent à la croisée d’un chemin.
Les œuvres de Fabien Mérelle sont ancrées dans un quotidien, voire un quotidien exclusivement familial. « Je suis un artiste d’intérieur. Je réagis à ce qui se passe autour de moi ». Il célèbre la vie. Les dimensions onirique et absurde sont également très présentes autant dans les dessins que dans les sculptures qui deviennent des récits fantastiques.







Infos pratiques
- Jusqu’au 5 octobre, du mercredi au vendredi de 13 heures à 19 heures, les samedi et dimanche de 10 heures à 19 heures, au centre d’art contemporain de la Matmut à Saint-Pierre-de-Varengeville.
- Entrée libre et gratuite
- Renseignements au 02 35 05 61 73 ou en ligne
