Des souvenirs avec Léopoldine Hugo

L’exposition Aime celui qui t’aime évoque une absence. Celle de Léopoldine Hugo, morte noyée dans la Seine avec son mari, Charles Vacquerie. Jusqu’au 3 novembre, la Maison Vacquerie – musée Victor-Hugo à Villequier propose un parcours poétique pour revenir sur les traces de la fille ainée de l’écrivain.

Sur la table de la salle à manger sont dressés cinq couverts. Au milieu est posé un bouquet de fleurs séchées aux couleurs pastel. Jeanne Vacquerie attend ses invités. Avec ses jumelles, elle guette leur retour. Le 4 septembre 1843, son fils, Charles est parti avec son épouse Léopoldine, son oncle Pierre et son cousin Artus chez le notaire à Caudebec-en-Caux pour régler les affaires de succession à la suite du décès de son père, Auguste. Le rendez-vous terminé, tous reviennent à la maison de campagne des Vacquerie à Villequier par la Seine sur un canot tout neuf mais mal lesté. Au lieu-dit, Le Dos d’âne, un gros coup de vent fait chavirer la barque. Charles qui est pourtant un très bon nageur ne parviendra pas à sauver son épouse. Les quatre personnes meurent noyées.

L’absence traverse cette exposition Aime celui qui t’aime, présentée jusqu’au 3 novembre à la Maison Vacquerie – musée Victor-Hugo à Villequier et scénographiée par Jean Oddes. Cette maison de famille, une propriété des Vacquerie, de riches armateurs du Havre, garde de multiples souvenirs, notamment ceux du passage de Léopoldine Hugo. Entre Victor Hugo et Auguste Vacquerie, grand admirateur de l’écrivain, est née une amitié. La famille Hugo est invitée à séjourner à Villequier lors de l’été 1839. Léopoldine découvre le fleuve, la campagne et tombe amoureuse de Charles.

«  Tu pourrais faire attention à Maman »

Chaque pièce de la maison Vacquerie est une scène de vie familiale avec les parties de billard, les séances de spiritisme tout à côté de la cheminée, l’activité de broderie et de couture, la promenade à l’abbaye de Jumièges où a commencé l’idylle amoureuse, le mariage qu’a fini par accepter Victor Hugo après plusieurs négociations. Puis direction Le Havre où habitaient Léopoldine et Charles et retour sur l’incendie du grand-théâtre de la ville qui a marqué la jeune femme.

L’exposition réunit des objets de la vie quotidienne, des lettres, de nombreuses photographies des deux familles, dont celle de Victor Hugo sur le rocher à Guernesey, des portraits de Léopoldine, Didine comme la surnommait son père. «  On la découvre à travers les poèmes, les descriptions d’Adèle Hugo et sa correspondance, explique Jean Cabaret, directeur du musée. Elle se positionne souvent comme soumise et très affectionnée. Il y a beaucoup de douceur chez elle. Mais quand quelque chose ne lui convient pas, elle le fait savoir et peut piquer des colères. À un moment, elle comprend qui est Juliette Drouet, elle écrit à son père pour lui dire : tu pourrais faire attention à Maman ».

L’exposition se termine par une évocation du drame du 4 septembre avec les portraits de Léopoldine, Charles et Pierre et Artus Vacquerie, reproduits des voiles flottant dans un gros vent. À côté se trouvent la jupe que portait la fille de Victor Hugo, la housse à gants dans laquelle elle était conservée et un bout de papier sur lequel a écrit très probablement par Adèle Hugo : « costume avec lequel ma fille est morte – relique sacrée ». Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, / Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends, écrit Victor Hugo dans Demain, dès l’aube, un des poèmes des Contemplations.

Infos pratiques

  • Jusqu’au 3 novembre à la Maison Vacquerie – musée Victor-Hugo à Villequier
  • Ouverture jusqu’au 30 septembre du lundi au samedi, sauf le mardi, de 10 heures à 12h30 et de 14 heures à 18 heures, le dimanche de 14 heures à 18 heures, à partir du 1er octobre tous les jours, sauf le mardi, de 14 heures à 17h30
  • Tarifs : 5 €, gratuit pour les moins de 26 ans, les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires des minima sociaux, les personnes en situation de handicap
  • Renseignements au 02 35 15 69 11 ou en ligne
Partager l'article