C’est un répertoire avec trois œuvres sublimes et virtuoses. Le Quatuor Modigliani interprète des pages musicales de Haydn et Beethoven samedi 29 août en l’église d’Acquigny lors du festival Les Musicales de Normandie.
Il y a certaines pièces du répertoire musical auxquelles un ensemble doit « se frotter ». Pour Loïc Rio, violon, qui a fondé avec Amaury Coeytaux, violon, Laurent Marfaing, alto, et François Kieffer, violoncelle le Quatuor Modigliani, Razumovsky, quatuor à cordes n°8 en mi mineur, opus 59 n°2, de Beethoven (1770-1827) fait partie des partitions réservées « aux professionnels. Cette musique est une révolution. Elle n’est pas à la portée de tout le monde. Devant, on est stoppé par tant de difficultés techniques. C’est comme une étape du Tour de France avec les trois plus grands cols à franchir. Elle demande une grande préparation et une exigence mais elle est sublime ».
Le Quatuor Modigliani interprète cette musique de Beethoven, composée en 1806 en hommage à son mécène, Razumovsky, vendredi 29 août en l’église d’Acquigny lors des Musicales de Normandie. L’ensemble a beaucoup répété pour « définir un parcours émotionnel » et « faire sens avec ces matières et ces textures. En fait Beethoven a écrit pour quatre voix et seize cordes. C’est comme si quatre automobilistes conduisaient en même temps la même voiture. Par exemple, le mouvement lent qui dure une quinzaine de minutes s’étire avec des phrases musicales qui passent d’un instrument à l’autre. Il est indispensable de comprendre l’architecture de l’œuvre avant de l’interpréter. C’est tout un travail de construction, de précision rythmique et d’équilibre ».
Pour ce concert des Musicales de Normandie, le Quatuor Modigliani a choisi une autre œuvre de Beethoven, le Quatuor à cordes n°2 en sol majeur op. 18 n° 2, qui s’affranchit des codes de l’époque. Il propose de mettre en miroir le Quatuor à cordes op. 77 n°2 dit Lobkowitz de Haydn, bien ancré dans son siècle. « Nous sommes entre deux mondes, entre l’Ancien Régime et une entrée dans le XIXe siècle. Lobkowitz commande six quatuors à Beethoven et autant à Haydn (1732-1809). Il y a une dualité et une rivalité entre les deux compositeurs. Haydn est un artiste génial. Il est le premier à écrire des œuvres et des chefs-d’œuvres pour les quatuors à cordes », explique Loïc Rio. Dans, ce Quatuor Lobkowitz , « Haydn écrit une très belle mélodie, un matériau plus minimaliste, que l’on retrouvera dans les compositions de Beethoven ».
C’est donc un programme exigeant et raffiné issu des œuvres de deux compositeurs dont l’un, Haydn, a influencé fortement le répertoire pour quatuors à cordes.
Infos pratiques
- Vendredi 29 août à 20h30 à l’église à Acquigny
- Tarifs : de 20 à 16 €
- Réservation au 07 61 24 70 41 ou en ligne
