Le cirque qui défie la mort

Photo : Mathieu Dutot

Sur la place de la Cathédrale à Rouen, dimanche 24 août, lors de Jours de fête, un étrange portique de huit mètres s’élève dans le paysage. En contrebas, un cercueil trône en pleine lumière. Autour, une bande d’acrobates s’apprête à jouer… avec la mort. Littéralement. De La Mort qui tue, spectacle de la compagnie franco-belge Lady Cocktail, aborde la finitude humaine à bras-le-corps, et souvent la tête en bas, pour mieux célébrer l’urgence de vivre.

Imaginé pour l’espace public, ce spectacle de cirque contemporain emprunte à la tradition foraine autant qu’au théâtre de rue. De La Mort qui tue bouscule les codes du cirque en jouant à la fois la carte de la haute voltige et celle de l’interaction directe avec les spectateurs. Durant une heure, ce gang d’artistes acrobates et comédiens joue à se faire peur. Le public est embarqué dans une danse acrobatique entre la vie et la mort. Entre deux éclats de rire, il retient son souffle : trapèze ballant, lancer de couteaux à la précision chirurgicale, figures en sangles suspendues au-dessus du vide…

Derrière la légèreté apparente, la mise en scène est millimétrée. La scénographie, mobile et spectaculaire, tient dans un camion mais déploie un monde à part entière. L’équipe de Lady Cocktail (Violaine Bishop, Anna Blin, Fabrice Richert et Jonas Leclère) conjugue techniques circassiennes de haut vol avec une vraie intelligence de jeu et un goût du collectif. Tous sont issus de l’École supérieure des Arts du Cirque de Bruxelles et ça se voit.

Sous ses airs provocateurs, De La Mort qui tue est un spectacle profondément tendre. Pas question ici de verser dans le morbide ou la grandiloquence. Si le cercueil est bien réel, il devient rapidement prétexte à des jeux scéniques pleins de dérision. À chaque représentation, la compagnie revisite le rapport à la mort à travers une fête de l’instant présent. « Puisqu’on va tous y passer, autant que ce soit joyeusement », résument les artistes. Le propos n’est pas macabre. Il est même franchement vivifiant. L’une des forces du projet réside dans sa capacité à transformer un sujet potentiellement anxiogène en expérience joyeuse, presque cathartique. On en ressort avec une envie urgente de vivre, de rire, de grimper, de danser. La mort, ici, est comme un clown de passage : un peu effrayante mais pas si sérieuse.

Infos pratiques

  • Dimanche 24 août à 18 heures place de la Cathédrale à Rouen
  • Durée : 1 heure
  • À partir de 4 ans
  • Spectacle gratuit
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