Des dessins, un peu de pluie, Claude Monet, des travaux dans les musées et la poursuite des réflexions sur l’empreinte écologique des expositions : la Réunion des musées métropolitains rouennais entame une saison 2025-2026 avec de multiples projets. Les détails avec le directeur, Robert Blaizeau, et Laurence Renou, vice-présidente à la Métropole Rouen Normandie en charge de la culture.
Le dessin sous toutes ses formes…
Grâce à diverses donations, la Réunion des musées métropolitains rouennais possède un fonds considérable de dessins avec des pièces en tout genre. « Ce sont des œuvres d’une grande fragilité et beaucoup d’entre elles restent inédites », remarque Robert Blaizeau. La Saison des collections est ainsi consacrée au dessin dans plusieurs musées à partir du 5 décembre.
La Corderie Vallois à Notre-Dame-de-Bondeville expose des dessins industriels et autres croquis de motifs de tissage datant d’une époque marquée par l’essor de la mécanisation. À partir de ces œuvres, Juliette Green crée des installations évoquant la manière de penser les objets. Le musée des Beaux-Arts à Rouen se souvient du don de Suzanne et Henri Baderou effectué il y a tout juste cinquante ans en présentant une centaine de pièces sur le thème de l’étrange. Il donne aussi à voir des dessins au style rococo. Autre thème au musée Flaubert et d’histoire de la médecine qui dévoile des œuvres de Rochegrosse illustrant La tentation de saint Antoine.
Et autres expositions
La pluie n’est pas un sujet nouveau. Encore moins en Normandie. C’est un thème dont les artistes se sont emparés pour montrer son impact sur les sentiments et l’évolution des aménagements urbains pour éviter les inondations et favoriser le passage dans les rues. Il y a bien évidemment le parapluie, un élément qui devient parfois romantique dans les peintures.
Il sera difficile de ne pas parler de Claude Monet en 2026 puisque le peintre a disparu le 5 décembre 1926. Un centenaire qui permettra de revoir des Cathédrales. Il faut ajouter la présentation d’œuvres britanniques dans le cadre d’échanges franco-britanniques.
Les travaux
Des travaux sont effectués dans les différents musées de la RMM. Alors que le musée Beauvoisine se vide de jour en jour de ses collections, les équipes se penchent sur « la rédaction du futur cahier des charges ». Au musée de la Céramique, fermé au public depuis la fin du mois de mai, sont effectués des sondages après le constat d’un affaissement d’un plancher. Au musée des Beaux-Arts, « quinze salles sont rénovées chaque années », rappelle Robert Blaizeau. Autres changements : ils seront à la maison natale de Corneille à Rouen et à la Maison des champs à Petit-Couronne. Deux lieux qui vont devenir complémentaires et qui seront consacrés, pour l’un, à l’œuvre et, pour l’autre, à l’artiste.
Il y a un chantier tout aussi important et peut-être moins visible : le parcours de visite. « C’est un travail effectué sur l’ensemble des musées, indique le directeur de la RMM. Quel discours voulons-nous soutenir ? Quelle histoire voulons-nous raconter ? Désormais, les parcours de visite sont conçus en binôme par le conservateur et le médiateur. Cela bouscule toutes les habitudes et oblige à repenser l’accrochage ». « Jusqu’alors, nous comptions sur le visiteur pour qu’il se raconte une histoire. Aujourd’hui, nous le tenons par la main afin qu’il puisse vivre pleinement le musée. Il faut rendre les conditions de visite les plus agréables possibles », ajoute Laurence Renou.
Par péniche
Pour les musées, réfléchir à une transition écologique est une nécessité qui « influe tout », indique Robert Blaizeau. À commencer par le rythme des expositions qui s’est ralenti. Moins d’événements certes mais qui sont visibles plus longtemps pour accueillir un plus large public. Le transport des œuvres est également repensé. Il pourra se faire par voie fluviale. Une péniche a acheminé des pièces entre Paris et Rouen en 1803. Quarante ans plus tard, le train a pris le relais.
Autre changement : le matériau pour les caisses de transport et la mousse, pour caler les œuvres, qui est désormais biosourcées. À cela s’ajoute le réemploi des matériaux de construction des cimaises. La RMM propose enfin un tarif pour les expositions pour les personnes se rendant dans les musées en mobilité douce.
