« Salade, tomate, oignons », composés par Jean-Christophe Folly

Photo : Virginie Meigné

Dans Salade, tomate, oignons, joué les 5 et 6 février au théâtre Legendre à Évreux avec Le Tangram, Jean-Christophe Folly dresse le portrait de trois personnages. Leur point commun : la solitude et la volonté de rechercher l’autre.

« À un moment, je m’enfermais dans des rôles ». Alors Jean-Christophe Folly s’est lancé dans l’écriture. « Le récit a démarré lorsque je bossais sur Les Nègres de Genet, mis en scène par Bob Wilson. C’était un spectacle très dur pour moi. En même temps se produisait l’attentat à Charlie Hebdo. Il y avait un climat de terreur et de méfiance ». Le comédien écrit à la première personne et éprouve le texte sur scène. « Je n’avais pas de message à délivrer. J’avais envie d’aborder pas mal de sujets et être le plus libre possible ».

Joué les 5 et 6 février au théâtre Legendre à Évreux, Salade, tomate, oignons raconte l’histoire d’un homme, un peu enfermé dans son passé et dans son éducation. « L’héritage, c’est ce qui nous caractérise. On en a tous un. Nous sommes éduqués, nous grandissons et nous reproduisons ce que nous avons appris. Cela devient problématique lorsque nous commençons à l’interroger. Parce que l’on s’isole ».

Une parole en continu

Le personnage de Jean-Christophe Folly entre dans un kebab, un lieu qui rassemble, et rencontre une femme voulant mener une révolution et un homme décidé à s’affranchir de toute appartenance. Marqués par leur héritage culturel, ces trois grands solitaires partent en quête d’une identité et d’une liberté. « Ils choisissent de bifurquer. Une vie n’est jamais un chemin déjà tout tracé ».

Dans Salade, tomate, oignons, Jean-Christophe Folly est seul sur scène pour incarner ces trois personnages. Et il les fait parler, beaucoup, dans un flow continu. Comme si la parole permettait de tisser des liens indestructibles. Le comédien dessine ainsi trois portraits singuliers dans un quotidien loin d’être banal et casse quelques clichés. « À la création, le spectacle pouvait être futuriste. Aujourd’hui, il est un miroir de la société. Nous constatons la peur de l’autre, le repli sur le soi. C’est très clair. L’autre, on n’en veut pas. Alors le texte résonne différemment maintenant ».

Infos pratiques

  • Jeudi 5 et vendredi 6 février à 20 heures au théâtre Legendre à Évreux
  • Durée : 1 heure
  • Tarifs : de 20 à 10 €
  • Réservation au 02 32 29 63 32 ou en ligne
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