La vie, avec ses élans et sa fragilité, traverse ce concert de l’orchestre de l’Opéra de Normandie Rouen, dirigé par Antony Hermus les 13 et 14 mars au Théâtre des Arts à Rouen et le 15 mars au Volcan au Havre. Au répertoire : Le Chant de la terre de Gustav Mahler et Fountain Of Youth de Julia Wolfe.
C’est une œuvre très intime. Le Chant de la terre, une pièce symphonique composée à partir de six lieder, inspirés d’un poème chinois, traduit toute la mélancolie de Gustav Mahler (1860-1911). « Il traverse une période douloureuse, rappelle Antony Hermus. Une maladie a emporté sa fille. Il a dû quitter l’opéra de Vienne et il sent les fragilités de la vie. » Le compositeur autrichien exprime là toute sa mélancolie, une profonde humanité.
Pour Antony Hermus, qui dirige l’orchestre de l’Opéra de Normandie Rouen au Théâtre des Arts et au Volcan au Havre, « la première étape a été de travailler sur le texte. Celui-ci donne des indications sur l’atmosphère de l’œuvre. C’est important de se demander ce qu’a voulu dire Mahler et d’avoir une idée du sens de sa partition. Il faut ressentir les différents univers des mouvements qui vont d’une petite danse jusque dans les ténèbres. Dans cette pièce, la musique est particulièrement enlacée au texte. »
Deux œuvres en miroir
Avec Le Chant de la terre, Mahler donne à entendre une musique méditative. Antony Hermus perçoit « une vision sombre de l’existence humaine, voire ironique. Mahler confronte deux mondes, celui de la nature, empreinte de sérénité, qui se renouvelle sans cesse, et celui de la vie, plus tourmenté avec son caractère éphémère. »
Lors de ce concert, Le Chant de la terre de Gustav Mahler, esquissé durant l’été 1907, est présenté en miroir à Fountain Of Youth de Julia Wolfe. « Ce ne sont pas deux œuvres opposées. Elles se répondent », commente le chef d’orchestre qui retrouve une nouvelle fois l’orchestre normand. La fontaine de jouvence de la compositrice américaine, ce n’est pas un remède quelconque mais sa musique, pleine de vitalité et d’énergie.
