Un portrait tendre d’Hélène Hazera

photo : Godot Production

Le festival Ciné Friendly accueille Judith Abitbol. La réalisatrice, installée à Dieppe, vient présenter son nouveau film en forme de portrait d’Hélène Hazera, une figure flamboyante des luttes pour les libertés. Hélène Trésore transnationale est présenté samedi 11 avril au cinéma Omnia à Rouen.

Hélène Hazera a eu de multiples vies et « créé beaucoup d’archives. » De cette histoire pleine de rebondissements, Judith Abitbol a souhaité « laisser une trace ». La réalisatrice dieppoise porte une admiration à cette femme trans, rebelle et à l’esprit subversif. « Je la trouve exceptionnelle. Elle a une intelligence hors du commun, un tel humour et une telle faculté d’analyse. » Elle dresse un portrait sensible et tendre dans Hélène Trésore transnationale, un film, accompagné par Normandie Images, projeté samedi 11 avril au cinéma Omnia à Rouen pendant le festival Ciné Friendly. 

Hélène Hazera a mis un pied dans le cinéma, s’est prostituée, est devenue journaliste à Libération et a animé l’émission Chanson Boum sur France Culture. Elle a aussi mené plusieurs combats. Tout d’abord celui pour les libertés et la reconnaissance de la transidentité. Elle a été membre des Gazolines, mouvement en marge du FHAR (Front homosexuel d’action révolutionnaire), dans les années 1970. Elle a accompagné la Marche des fiertés et fondé la commission Trans et SIDA au sein d’Act Up.

« C’est un flux de paroles »

Autre lutte : Hélène Hazera s’est engagée pour la culture. « Elle a un don : l’hypermnésie. Elle peut réciter des pages entières de bouquins, des chansons. Elle a une soif de culture et de transmission de cette culture. Dans son émission Chanson Boum, elle a ouvert un champ énorme de la chanson francophone. Elle a fait découvrir des chanteuses et des chanteurs et recevait tout le monde avec une grande gentillesse », rappelle Judith Abitbol.

Hélène Trésore transnationale est un dialogue libre, entrecoupé d’images d’archives et de témoignages. « Nous préparions beaucoup les tournages. Nous décidions de ce que nous allions parler. Mais Hélène est impossible à diriger. C’est un flux de paroles », se souvient la réalisatrice. Le film est une traversée joyeuse dans un combat, inhérent à la vie d’Hélène Hazera qui a plusieurs fois trébuché. Néanmoins, l’énergie ne faiblit pas. Son courage et sa générosité, non plus. C’est aussi le récit d’une époque avec ses libertés, ses révoltes et ses ruptures.

Infos pratiques

  • Samedi 11 avril à 11h30 au cinéma Omnia à Rouen
  • Tarifs : 6,50 €, 4,90 €
  • Aller au cinéma en transport en commun avec le réseau Astuce
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