Tiwayo commence sa tournée avec un nouveau band et un troisième album. Ce sera vendredi 10 avril à La Traverse à Cléon. The Young Old, comme il est surnommé, a composé un disque fiévreux, enregistré à Austin et produit par Adrián Quesada des Black Pumas. Dans Outsider, la soul est vibrante, le groove, empreint de vives émotions et la voix, toujours aussi caressante. Entretien avec Tiwayo.
Pourquoi cette place d’outsider vous correspond ?
Je me reconnais bien dans cet album. Quand je suis arrivé à Austin, j’avais en tête quelques titres pour cet album. Celui-ci s’est imposé. Outsider, c’est ma place. Je me suis autorisé un album très soul et c’est la première fois. Je n’oublie pas que j’ai grandi en France et non à Memphis. Néanmoins, j’écoute de la soul et de la musique afro-américaine depuis longtemps. J’ai commencé à voyager assez tôt aux États-Unis pour apprendre à connaître cette culture nord-américaine, un héritage musical. Pour cet troisième album, je me sentais prêt.
Est-ce grâce aux voyages et aux rencontres que vous avez faits que vous vous êtes senti prêt ?
Oui, c’est grâce aux rencontres et aux voyages. Le point de départ de cet album, c’est le décès de mon père. Cette musique a beaucoup compté pour lui et je l’ai écoutée grâce à lui. Le côté résilient de l’art et de la musique, je l’ai découvert plus tard lorsque j’étais ado.
Comment les voyages ont enrichi votre bagage musical ?
J’ai eu la possibilité d’apprécier la musique sous différents angles. Je pense que l’on écoute la musique avec ses oreilles culturelles. J’ai pu l’entendre comme un Français, un Américain, un Anglais… Cela m’a encouragé à composer cet album.
Où étaient les freins ?
J’ai traversé une période difficile. Il y a eu, comme je le disais, le décès de mon père puis le covid qui nous a coupés de la scène. Parfois, on s’impose des limites. Je pense que c’est un truc de maturité.
Après un moment douloureux, il faut se dessiner un chemin. C’est le sujet de votre album.
Absolument. Je suis aussi devenu père. Cela m’a beaucoup apporté. Les choses se construisent petit à petit. Artiste, on ne peut pas se dire que la réussite sera immédiate. C’est un mensonge. Le travail avance sur la durée, pendant des années. Rien n’est instantané.
Pour cela, il faut aller puiser au plus profond de soi.
Ça dépend mais je bosse comme cela. Avant d’aller en studio, j’écris beaucoup tout seul. Le travail se déroule en deux phases. La première est solitaire et très introspective pour pouvoir aller au bout d’une idée. Ensuite arrive la confrontation au studio. J’aime cette idée de faire passer la musique au travers des autres. Les albums ont aussi cette marque-là.
Le concert à La Traverse marque un jour particulier.
Oui, ce sera un jour particulier. J’ai fait plusieurs dates juste en guitare-voix. C’est une forme d’intimité que j’aime beaucoup et qui permet d’aller à l’essence des morceaux. La tournée qui commence présente tout le travail effectué — le plus abouti jusqu’alors — et une réussite collective. Nous sommes allés jusqu’au bout des arrangements.
Infos pratiques
- Vendredi 10 avril à 20h30 à La Traverse à Cléon
- Première partie : Oscar Ferdinand
- Tarifs : 23 €, 19 €
- Réservation au 02 35 81 25 25 ou sur en ligne
- Aller au concert en transport en commun avec le réseau Astuce
