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La domestication, le sujet des AnthropoScènes

Photo : Tommaso Gallinaro

La transition écologique et les relations au vivant sont des thématiques de plus en plus abordées par les artistes. Des enjeux rappelés lors des AnthropoScènes, un festival du Tangram qui se tient du 18 au 31 mai dans l’Eure et se demande Domestique ou sauvage ?

Valérie Baran entretient un lien fort avec la nature. À son arrivée à la direction du Tangram à Évreux, elle a souhaité partager autant son émerveillement pour les milieux naturels que son inquiétude quant à leur avenir. Les faits sont connus. Les rapports du GIEC rappellent constamment que les enjeux sont considérables. D’où le festival, Les AnthropoScènes où se croisent les regards d’artistes et de scientifiques.

La cinquième édition, avec des spectacles, des conférences, des rencontres, des ateliers, des projections de film, des expositions, se déroule du 18 au 31 mai dans l’Eure. Elle a pour thème, Domestique ou sauvage ?. « La domestication s’est imposée cette année. Cela interroge la place de l’homme sur la planète et marque le début d’une réelle main mise de l’homme sur le vivant. À partir de là, il a alors entamé une relation différente à la nature parce qu’il cultive la terre et élève des animaux. Cela change notre alimentation et transforme les espèces et les espaces. C’est une étape complexe dans l’histoire de l’humanité. » Marc-André Selosse, professeur au Muséum national d’histoire naturelle, évoquera lors d’une conférence, La Domestication, notre lien méconnu à la nature.

Du petit pois au fonds marins

Dans leurs créations, les artistes se sont emparés de ces sujets : transition écologique, relation au vivant, bouleversement climatique… Avec Biosphère, Frédéric Sonntag revient sur l’expérience d’un groupe de personnes qui ont accepté de créer un écosystème au milieu du désert de l’Arizona pendant deux ans. Emmanuel Meirieu s’intéresse aux Monarques, des grands papillons qui doivent partir chaque hiver du Canada, pour parler des migrations. Frédéric Ferrer présente une nouvelle page de son Atlas de l’Anthropocène pour raconter la Géopolitique du petit pois et Comment Nicole a tout pété.

David Wahl, autre fidèle du festival, se transforme en L’Homme-poisson. Benoît Marchand et Hugues Tabar-Noval racontent Le Livre de la jungle de Kipling. Sacha Todorov propose au public de prendre la place d’une Renarde. Le Collectif In Itinere veut le réconcilier avec les Nuisibles, comme les rats. Pour Adoc Compagnie, Nourrir L’Humanité, c’est un métier. Espèces d’espaces invente une dystopie après une montée dans eaux dans En Attendant La Vague. La Compagnie Eia ! emmène dans la forêt pour découvrir les Écorces. Dans La Cohabitation des Abrités, une femme partage son lien avec les plantes de son appartement. Quant à La Boîte à sel, elle a fabriqué des boîtes à meuh 2.0 pour Bad Block, une expérience immersive et interactive.

Anne Paceo propose une véritable plongée dans les profondeurs des fonds marins avec son album, Atlantis. Avec le Quatuor Sedna, ce sera une autre ambiance lors d’Un Jour de nuit. Les photographies d’Emma Barthère montrent des territoires sauvages où l’homme va avoir besoin de se réadapter. Tous les espaces n’ont pas été domestiqués.

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