Le lieu est désormais bien repéré. Le LaboVictorHugo, ouvert depuis 2018 et porté par quatre femmes du service culturel de la Ville de Rouen, est ouvert aux artistes et compagnies à la recherche d’un endroit pour créer. La vie y est bouillonnante.
328, c’est le nombre de résidences recensées durant l’année 2025 au LaboVictorHugo à Rouen. Un nombre relativement stable depuis 2022. Le lieu a ainsi trouvé une vitesse non pas de croisière mais de course de offshore. Les neuf salles sont en permanence occupées par les artistes et les compagnies — 156 en 2025 — qui viennent écrire, créer, répéter et se rencontrer. De nombreux projets artistiques ont en effet effectué leurs tout premiers pas dans cet endroit.
Au début de cette aventure, il y a un constat : une demande croissante d’un lieu de travail de la part des compagnies et des collectifs du territoire. Autres observations : « une politique culturelle ne se résume pas à un événement et les artistes du spectacle vivant n’ont pas beaucoup de temps de plateau pour une création », remarque Claire Blin du service culturel de la Ville de Rouen. D’où cette idée d’investir cette ancienne école restée dans son jus et de le transformer en un laboratoire artistique.
Comme une grande colocation
Depuis 2018, le LaboVictorHugo est ouvert aux artistes professionnels et amateurs de théâtre, de cirque, de danse, des arts visuels et numériques qui viennent pour quelques jours ou s’installent pendant plusieurs semaines. Avec une attention toute particulière à l’émergence « Il suffit d’avoir une bonne raison de venir, c’est-à-dire un projet », rappelle Claire Blin, et de respecter la charte des valeurs. « Les compagnies arrivent à différentes étapes de la création de leur projet. Certaines viennent pour expérimenter. Le lieu s’y prête bien. Il n’y a pas une obligation de diffusion », ajoute Sorana Munteanu.
Ce défilé d’artistes est possible et très organisé grâce à un quatuor de femmes du service culturel de la Ville de Rouen. À côté de Claire Blin et Sorana Munteanu, il y a Claudine Delaunay et Virginie Letellier qui gèrent les plannings. Une tache délicate parce qu’ils sont sans cesse modifiés. La première a un rituel au petit matin. « Pendant une demi-heure, je vérifie que toutes les salles sont bien propres et bien rangées. Chacun doit être responsable. Ce lieu est une grande colocation. Plus il est vivant, plus je suis contente. Et nous faisons en sorte qu’il soit occupé tout le temps. »
Le LaboVictorHugo, aussi repéré par les équipes des structures culturelles, a tissé des liens avec L’Étincelle à Rouen, le théâtre Charles-Dullin à Grand-Quevilly et le CDN de Normandie-Rouen qui ont également un lieu de résidence complémentaire. Les sorties de résidence sont devenues un rendez-vous attendu qui s’intègrent à un parcours de découvertes avec les Esquisses de L’Étincelle. Même si le LaboVictorHugo n’est pas un lieu de diffusion, il accueille néanmoins des spectacles du Curieux Printemps, des lectures du festival des langues françaises et des projets d’Automne curieux.
