Au festival Les Échappées belles à Alençon, la compagnie NDE présente jeudi 16 juillet El Dorado, une création qui détourne avec finesse les codes du cirque et de la danse. Ici, pas de jonglage avec des objets mais une partition où les corps eux-mêmes deviennent matière à lancer, à rattraper et à faire circuler. Une proposition à la fois physique, sensible et joyeusement décalée, qui trouve naturellement sa place dans ce rendez-vous d’été où la ville se transforme en terrain d’invention.
Avec El Dorado, Nicanor de Elia poursuit son exploration des frontières entre les disciplines et invente une écriture du geste singulière. La pièce repose sur une idée simple, presque ludique. Peut-on jongler sans objets ? À partir de cette question, le spectacle déploie un univers où bras, têtes, poings et jambes remplacent les accessoires habituels. Ici ni massue, ni balle… Le jonglage se fait chorégraphie tandis que la danse révèle une autre façon de penser le lien entre les interprètes.
Sur scène, les six artistes du collectif composent une partition précise, faite de reprises, d’élans et de déséquilibres. Le spectacle, qui se joue jeudi 16 juillet à Alençon lors des Échappées belles, ne recherche jamais l’effet spectaculaire à tout prix. Il privilégie la fluidité, l’adresse et une intelligence du geste qui donne à chaque enchaînement une présence particulière. La création lumière, le travail musical de Giovanni di Domenico et le rythme de la composition renforcent cette écriture sensible.
Au fond, le trésor tant recherché n’est plus au bout d’un chemin imaginaire. Il se révèle dans l’élan partagé, dans la confiance qui unit les interprètes et dans cette circulation permanente des corps. Avec El Dorado, la compagnie NDE ne promet pas l’or des légendes mais la beauté fragile d’un groupe qui avance ensemble.
Infos pratiques
- jeudi 16 juillet à 18 heures dans la cour carrée de La Dentelle à Alençon
- Durée : 45 minutes
- À partir de 4 ans
- Tarifs : 4 €, 3 €
- Réservation en ligne
