Le SuperHomard : « composer est un défi »

photo : Philippe Mazzoni

Window Tax est un album captivant. Sorti le 24 avril 2026, le troisième disque de Maxwell Farrington et du SuperHomard, après Once en 2021 et Please, Wait… en 2024, compile douze titres d’une pop des plus élégantes et solaires. Si les mélodies laissent aller à la rêverie, les textes créent un univers surréaliste. En trio, avec Julien Noël aux claviers, Maxwell Farrington et Le SuperHomard seront en concert vendredi 18 septembre au 106 à Rouen, la première date de la tournée. Entretien avec Christophe Vaillant, Le SuperHomard.

Vous vous êtes bien trouvés artistiquement Maxwell Farrington et vous ?

Nous nous sommes rencontrés en 2019 lors d’un concert à La Boule noire un peu par hasard. Je jouais avec LeSuperHomard et lui avec Dewaere. Nous n’avons pas travaillé tout de suite ensemble. Nous avons commencé en mars 2020 pendant le Covid. Nous nous entendions plutôt bien. Même si Maxwell a quinze ans de moins que moi, nous avons les mêmes références musicales. Cela fait six ans que nous travaillons ensemble et nous sommes maintenant très copains.

Est-ce qu’avoir les mêmes références musicales suffit à créer un duo ?

En fait, nous sommes très complémentaires. À cette période-là, je composais des morceaux et j’avais besoin de paroles. Je lui ai envoyé des démos et il a posé des mots dessus. Après, il m’a envoyé des textes et j’ai mis des musiques dessus. Nous avons composé un premier disque de cette manière. Les morceaux viennent de lui et de moi. J’aime écrire la musique et les arrangements. Maxwell a apporté tout ce qu’il me manquait : les paroles et le chant. De cette manière, nous avançons assez vite.

Maxwell Farrington a une écriture singulière, très surréaliste.

Maxwell est très cultivé et a une manière d’écrire très instinctive. À la David Bowie ou comme les surréalistes français. Il écrit tout ce qu’il lui passe par la tête. Le deuxième album a été plus construit. Et pour le troisième album, il a bossé sur les paroles. L’univers de Maxwell, c’est un univers un peu foutraque. Dans ses textes, il y a une grosse influence des Monty Python.

Il y a une évolution d’un album à un autre. Est-ce instinctif ou très pensé ?

En effet, ça évolue. Pour le premier, nous voulions un disque de pop baroque des années 1960-1970. Le deuxième n’est pas trop en décalage. Nous sommes dans les années 1965-1970 mais il est très orchestré. Nous avons enregistré avec les musiciens de l’Opéra et du conservatoire de Nancy. Nous avons ajouté aussi beaucoup d’éléments électroniques. Ce troisième album se rapproche davantage de ce que je fais. Comme nous ne voulions pas nous répéter, nous avons fait appel à un producteur, à Mike Lindsay.

A-t-il été facile pour vous de travailler avec une personne extérieure au projet ?

Je me suis beaucoup étonné. J’ai réussi à laisser faire Mike. Il m’est arrivé aussi de mettre mon veto. Nous lui avons apporté des compositions très avancées. Il amené des textures sonores et des synthés. Si nous devons faire un prochain album, nous irons creuser dans cette direction. Pour Window Tax, nous avions composé au moins vingt-cinq titres et nous en avons sortis douze. Donc, nous en avons pas mal sous le coude.

Comment vos multiples collaborations — notamment avec Paul Weller — nourrissent votre travail ?

Paul Weller m’a demandé de composer des chansons et je suis allé à Abbey Road pour l’enregistrement des cordes et de la batterie. Le reste avait été enregistré chez moi. J’avais joué de tous les instruments. J’aime beaucoup travailler pour les autres. J’ai multiplié les collaborations et j’adore ça. J’aime vraiment écrire pour plein d’artistes. J’ai chanté dans des groupes lorsque j’étais jeune mais j’ai un accent anglais horrible. En fait, j’aime composer et savoir où cela va me mener. À chaque fois, composer est un défi. Lorsque je travaille, je vois si c’est pour Maxwell ou pour quelqu’un d’autre. Si c’est pour Paul Weller, je l’entends chanter la chanson. Je lui envoie seulement une musique parce que je veux lui laisser une place. C’est important pour moi de laisser un espace. Et il me renvoie à peu près ce que j’ai en tête. 

Infos pratiques

  • Vendredi 18 septembre à 20 heures au 106 à Rouen
  • Première partie : After Geography
  • Tarifs : de 18 à 5 €
  • Réservation au 02 32 10 88 60 ou en ligne
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