Sa Petite Casbah abrite une amitié entre copains issus de différentes communautés d’Alger. Pour Antoine Colomb, il s’agit de filmer à hauteur d’enfants les prémices de la Guerre d’Algérie. C’est à voir en famille mercredi 14 octobre.
Si la guerre d’Algérie — si peu étudiée à l’école — reste encore un mystère pour vous, Antoine Colomb vous offre la possibilité d’en découvrir les prémices filmés à hauteur d’enfants. Le réalisateur emmène à Alger en juin 1955 où la petite Khadidja, 9 ans, rejoint son grand frère après avoir quitté sa Kabylie natale. Au-delà du plaisir de retrouver son ainé, la fillette rêve de pouvoir aller à l’école tout comme se baigner dans la Méditerranée qu’elle peut apercevoir du toit vétuste de leur petite casbah. On imagine déjà les jours heureux qui se présentent à eux.
Ce bonheur simple sera de courte durée car, le lendemain, au marché, Malek prend la défense d’une vieille dame bousculée par des policiers zélés et se fait embarquer et emprisonner sans autre forme de procès. Sans nouvelle de son frère, Khadidja se retrouve seule avec pour seul abri, le toit troué de la casbah. Heureusement, les enfants se font vite des amis et elle partira à sa recherche avec l’aide de Lyes, Ahmed et Philippe.
Des péripéties
Sous le ciel bleu d’Alger, Antoine Colomb montre d’abord des enfants qui s’entendent bien malgré leurs différences. Ces différences liées aux règles imposées par la France. On les constate avec l’accès à l’éducation qui n’est pas le même selon que tu es Français ou Algérien. Pourtant, malgré les uniformes des uns et les vêtements rapiécés des autres, ils vont s’entraider et mener l’enquête ensemble. Ils s’embarquent ainsi dans des courses poursuites dans les ruelles escarpées ou sur les terrasses ensoleillées, s’attaquent au décodage minutieux d’un message mystérieux, organisent la livraison discrète d’un livre important pour un mouvement indépendantiste… Et toutes ces péripéties vont renforcer leur amitié.
On aime la loyauté et le caractère fort de Khadidja que son frère surnomme le petit hérisson. On s’attendrit pour Lyes, enfant des rues, malin et débrouillard. On s’attache aussi à Ahmed, l’élève sage qui aime dessiner des immeubles et des tours, et à Philippe, gamin juif toujours tiré à quatre épingles, passionné de boxe. En attendant le retour de Malek, ils jouent les grands frères protecteurs de sa petite sœur.
Un autre personnage, moins sympathique, entre en jeu. Guy, fils de policier, représente ceux dont on n’aime pas se souvenir : ces Français prétentieux, arrogants, conquérants — parfois même racistes — qui se sont imposés dans un pays qui n’étaient pas le leur. Mais Antoine Colomb a la sagesse de nous donner des raisons de ne pas trop lui en vouloir.
Ces aventures sous le soleil de l’Algérie, écrites par Alice Zeniter, Alice Carré et Marie de Banville, sont à suivre en famille avec les enfants à partir de 6 ans.
- Petite Casbah d’Antoine Colomb (France, 1h24) avec les voix de Alicia Hava, Céline Ronte, Magali Rosenzweig….
